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Rapport10 septembre 2026

Le référendum de l’Alberta, en ligne : influenceurs, contenu généré par l’IA, intérêts étrangers et économie de l’attention à l’approche du vote du 19 octobre

Chris Ross, Ben Steel, David Hobson, Saewon Park, Mika Desblancs-Patel, Aengus Bridgman

doi.org/10.66536/ab-referendum-online_2026

Résumé analytique

L'Alberta se dirige vers un référendum le 19 octobre 2026, dans un environnement informationnel en rapide mutation. D'année en année, les influenceurs en ligne accumulent pertinence et engagement aux dépens des médias d'information et des élus, et nous disposons désormais d'une étude de cas sur ce à quoi ressemble un vote démocratique en pleine ère des influenceurs.

La conversation en ligne sur le référendum albertain est portée par une communauté passionnée de 114 comptes, non soumis aux formes traditionnelles de reddition de comptes politique, qui ont capté environ la moitié de tout l'engagement généré depuis le 1er janvier 2025 sur cinq plateformes. Parmi ces voix hautement influentes, les comptes pro-indépendance surpassent les comptes anti-indépendance dans un rapport d'environ 8 pour 1. Les publications portant sur la séparation de l'Alberta du Canada, peu importe la position défendue, reçoivent plus du double de l'engagement de publications comparables sur d'autres sujets — un « avantage albertain » en ligne.

Une seconde transformation majeure s'est récemment produite alors que les électeurs se tournent vers la recherche par IA et les clavardages IA (chatbots) pour comprendre le monde politique qui les entoure. Or, ces outils sont encore en maturation et fournissent des réponses changeantes à des questions politiques courantes et importantes dans le contexte du référendum. Nous constatons que Google AI Overview et ChatGPT donnent des réponses incohérentes, parfois directement contradictoires, aux mêmes questions. Parallèlement, l'imagerie générée par l'IA s'impose rapidement comme un outil de campagne dans l'environnement informationnel, et nous constatons que la part des images générées par l'IA parmi les publications pro-indépendance sur X a été multipliée par 3,5 depuis janvier 2025.

Ces nouvelles sources d'information et techniques de campagne ont des conséquences considérables en ce moment démocratique. Plus important encore, il existe un écart frappant entre la conversation en ligne et le grand public albertain. Alors que les sondages indiquent qu'environ les deux tiers des Albertains voteraient pour demeurer au sein du Canada, la conversation en ligne montre l'inverse, avec beaucoup plus de publications et d'engagement en ligne provenant du mouvement indépendantiste, très énergique. Un mouvement politique sans direction élue, mais doté d'une présence en ligne dominante qui exploite des technologies d'IA en rapide maturation, façonne la conversation publique sur un référendum portant sur le maintien ou non de l'Alberta au sein du Canada. Tout cela se déroule alors que la confiance envers la capacité d'Élections Alberta à tenir un vote équitable ne s'élève qu'à 59 %. Nos institutions démocratiques et notre compréhension de l'espace public doivent suivre le rythme.

Points saillants

  • Un puissant groupe d'influenceurs politiques (majoritairement pro-indépendance) domine la conversation en ligne sur le référendum. Comme aucun parti élu ne fait campagne pour la sécession albertaine, le camp du départ est porté par une constellation d'individus de la base et d'organisations de la société civile. Dans ce contexte décentralisé à l'approche du référendum, 114 comptes ont reçu la moitié de tout l'engagement au cours des 20 derniers mois sur cinq plateformes. Parmi les 114 comptes identifiés, 66 défendent une Alberta indépendante et 29 défendent le maintien de l'Alberta au sein du Canada, les autres ne prenant pas position. Les comptes pro-indépendance reçoivent environ 80 % de l'engagement sur les publications pertinentes, contre environ 10 % pour les comptes pro-maintien.
  • La dynamique des plateformes de médias sociaux favorise la conversation sur l'indépendance, avec un avantage albertain considérable pour les publications pertinentes. Les comptes canadiens qui publient sur l'indépendance albertaine reçoivent 1,7 fois plus d'engagement que les comptes canadiens qui discutent d'autres sujets politiques. Le noyau des influenceurs les plus en vue du référendum est encore davantage récompensé pour les discussions sur l'indépendance, avec une prime de 3,8 fois l'engagement. Les voix américaines bénéficient d'un avantage encore considérable de 2,4 fois dans leurs publications, rares mais notables.
  • Les groupes Facebook constituent un espace actif de discussion sur le référendum à venir. Bien que les groupes pro-indépendance comptent davantage de membres, les groupes pro-maintien affichent un engagement médian plus élevé et un engagement maximal comparable à celui des groupes pro-indépendance. Les groupes pro- et anti-séparation mettent tous deux fortement l'accent sur l'identité et la mobilisation, avec des frustrations dirigées vers les élites politiques des partis adverses.
  • L'IA générative alimente à la fois la conversation en ligne et se révèle peu fiable comme source d'information. Des outils d'IA comme Google AI Overview et ChatGPT produisent actuellement des réponses imprévisibles et contradictoires environ une fois sur deux lorsqu'on les interroge sur les conséquences potentielles d'une séparation de l'Alberta du Canada. Parallèlement, les images générées par l'IA ont été multipliées par 3,5 en proportion des publications pro-indépendance sur X et représentent désormais près du tiers des images partagées dans certains groupes Facebook.
  • À la date de publication de ce rapport, nous ne trouvons aucune preuve d'une campagne clandestine, coordonnée ou disproportionnée menée par les États-Unis ou la Russie pour influencer le sentiment sécessionniste albertain dans l'environnement informationnel numérique public. Un engagement américain manifeste et attribuable sur la question est documenté, et celui-ci a fortement augmenté à la fin du mois d'août 2026, dans un contexte de guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.

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