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title: "Analyse du rôle de la mésinformation lors de l'élection provinciale québécoise de 2022"
authors: Mathieu Lavigne, Maxime Blanchard, Anne Imouza, Aengus Bridgman, Chloé Staller, Kaligirwa Namahoro, Ella Noel, Catherine Perron, Phaedra de Saint-Rome, Taylor Owen
date: 2023-03-15
type: report
orgs: meo
themes: election-integrity, information-ecosystem-health, misinformation
url: https://doi.org/10.31219/osf.io/wam45
pdf: /files/publications/lavigne_2023_quebec.pdf
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Auteurs  
Mathieu Lavigne | Directeur du projet 
Maxime Blanchard | Responsable des analyses de sondages 
Anne Imouza | Responsable des analyses de médias sociaux 
Aengus Bridgman | Co-organisateur et conseiller spécial  
Chloé Staller | Chercheuse 
Kaligirwa Namahoro | Chercheur·e 
Ella Noel | Chercheuse 
Catherine Perron | Chercheuse 
Phaedra de Saint-Rome | Responsable des communications 
Taylor Owen | Superviseur 
 
 
 


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À propos 
L’Observatoire de l’écosystème médiatique est l’une des principales institutions de 
recherche étudiant la santé de l’écosystème d’information au Canada. L’Observatoire 
combine des analyses de données numériques à grande échelle avec de la recherche par 
sondage afin de comprendre comment la més/désinformation et l’exposition à certains flux 
d’informations peuvent influencer les attitudes et comportements des citoyens, ainsi que la 
santé de notre démocratie. 
Le Centre pour les médias, la technologie et la démocratie est le lieu de prédilection à McGill 
pour la recherche innovante, les débats publics et l’activisme politique sur la nature 
changeante de la relation entre les médias et la technologie et la mise en place de politiques 
visant à en maximiser les bénéfices et à en minimiser les effets négatifs sur la vie publique et 
la démocratie. 
Dirigé par Taylor Owen, titulaire de la Chaire Beaverbrook en éthique, médias et 
communication, professeur agrégé à l’École de politiques publiques Max Bell de l’Université 
McGill et l’une des principales voix sur la gouvernance de la technologie au Canada, le Centre 
s’engage dans la production d’une gamme de rapports publics, d’événements, d’ateliers et de 
balados afin de rendre accessible la recherche de pointe pour le grand public et les décideurs 
politiques. 
 
Partenaires 
Le Centre d’études sur les médias  
Le Centre d’études sur les médias, basé à l’Université Laval, agit comme agent de recherche 
et de concertation entre les entreprises de communication et les milieux gouvernementaux 
et universitaires. Dirigé par Colette Brin, le Centre vise à favoriser la recherche sur les 
médias et fournir aux professionnels de cette industrie un éclairage adéquat sur les 
problèmes auxquels ils sont confrontés et sur les contextes national et international dans 
lesquels ils évoluent, en vue d’améliorer leur performance sur les plans économique, social 
et culturel. 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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Sommaire exécutif 
 
 
 
Le Projet sur la désinformation électorale au Québec visait à identifier et évaluer 
la propagation et les effets des fausses informations circulant durant l’élection 
provinciale québécoise de 2022. Le Projet visait également à examiner la 
couverture médiatique de la mésinformation, ainsi que les perceptions des 
citoyens sur ce phénomène. Pour ce faire, le Projet s’appuyait sur une veille 
humaine et informatisée des publications sur les médias sociaux en lien avec 
l’élection, de même que d’un sondage préélectoral et postélectoral représentatif 
de la population québécoise visant à évaluer l’exposition aux nouvelles vraies et 
fausses et les perceptions des citoyens sur l’environnement d’information et 
l’intégrité de l’élection.  
Principales conclusions 
La mésinformation est demeurée concentrée au sein de 
communautés spécifiques  
Bien qu’un volume relativement important de mésinformation ait circulé 
durant la campagne et après l’élection, notamment en lien avec la COVID-19 et 
l’intégrité du processus électoral, cette mésinformation provenait 
généralement d’un groupe restreint d’individus en ligne et a eu peu de portée 
et d’influence à l’extérieur de cette communauté.  
• Cette communauté présente un niveau élevé de méfiance envers les 
gouvernements et les médias et tend à adhérer à la pensée 
conspirationniste, rendant ses membres particulièrement susceptibles 
de croire et propager de fausses informations sur un ensemble de sujets, 
incluant l’intégrité électorale, la COVID-19 et les changements 
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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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climatiques. Cette mésinformation a souvent une dimension 
internationale, s’inspirant des narratifs circulant dans d’autres pays. 
• Cette communauté, organisée autour de certains leaders connus, a pris 
de l’ampleur et s’est organisée dans le contexte de la pandémie, 
permettant à la mésinformation de se propager rapidement et à grande 
échelle à l’intérieur du réseau. Certains individus exposés uniquement 
au contenu provenant de cette communauté, le volume le permettant, 
pourraient se voir enfermés dans des chambres d’écho.  
• À l’exception d’une déclaration erronée du ministre sortant de 
l’Immigration, qui a été largement médiatisée, le Québécois moyen a été 
relativement peu exposé à la mésinformation ayant circulé au cours de 
la campagne.  
 
La mésinformation a eu relativement peu d’impact sur 
l’élection 
• Notre examen de la mésinformation ayant circulé durant la campagne et 
de sa propagation n’offre pas de raison de croire qu’elle ait pu avoir une 
influence significative sur le résultat de l’élection. 
• Les citoyens sont plus nombreux à croire qu’ils ont été exposés à de la 
mésinformation durant l’élection provinciale de 2022 que lors de 
l’élection fédérale de 2021, mais seule une minorité de citoyens 
considère que la mésinformation a constitué un problème sérieux 
durant l’élection. 
• Certaines franges de la population ont un niveau plus élevé de méfiance 
à l’égard du processus électoral, incluant ceux qui croient toujours que 
Donald Trump était le vainqueur de l’élection présidentielle américaine 
de 2020. Bien que le niveau de méfiance soit significativement plus 
élevé chez les partisans du Parti conservateur du Québec, les partisans 
croyant les narratifs de fraude électorale demeurent minoritaires au 
sein du parti. Cette méfiance est souvent exacerbée par un manque de 
connaissance sur le processus électoral.  
• Une forte majorité de citoyens, comparable à celle observée lors des 
élections précédentes, continue d’avoir confiance dans l’intégrité de 
l’élection. 
 
 
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Les discours publics sur la mésinformation sont source 
d’incertitude et de confusion 
Il semble exister une certaine confusion chez les citoyens par rapport à ce qui 
constitue de la mésinformation, dans quelle mesure ils y sont exposés et d’où 
elle provient.  
• Près de la moitié des Québécois interrogés trouvent difficile de 
distinguer la mésinformation de l’information factuelle et sont 
incertains s’ils ont été exposés ou non à de la mésinformation durant la 
campagne.  
• Les citoyens qui croient avoir été exposés à de la mésinformation ont 
une conception très différente de ce qu’elle constitue. Les partis 
politiques accusés de propager de fausses informations varient en 
fonction des préférences partisanes des citoyens. Certains citoyens 
considèrent que la mésinformation vient principalement des médias 
traditionnels et des discours officiels sur la COVID-19.  
 
L’environnement d’information au Québec devient plus 
fragmenté 
• Bien qu’une majorité de Québécois continuent d’avoir confiance et 
d’être exposés au contenu en provenance des principaux médias 
francophones, on observe une certaine diversification des sources 
d’information politique.  
• Certaines franges de la population croyant que les médias traditionnels 
propagent de la mésinformation ou du contenu biaisé idéologiquement 
ont davantage tendance à se tourner vers des sources alternatives 
d’information en ligne.  
• Les principales différences générationnelles ne sont plus entre le fait 
d’utiliser ou non les médias sociaux, mais quelles plateformes sont 
utilisées. TikTok était une source importante d’information politique et 
de mésinformation lors de l’élection, surtout auprès de la plus jeune 
génération. 
• De manière générale, de fausses informations ont été propagées sur 
l’ensemble des plateformes de médias sociaux durant la campagne, que 
ce soit les plateformes traditionnelles comme Facebook et Twitter ou les 
plateformes alternatives avec moins de modération de contenu, comme 
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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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Telegram, Rumble et Odysee. Certaines figures conspirationnistes, 
soucieuses de rejoindre les auditoires présents sur ces différentes 
plateformes, ont pris l’habitude de partager les mêmes messages, à 
quelques minutes d’intervalle, sur un ensemble de plateformes.  
Recommandations 
Mieux éduquer les citoyens sur le processus électoral 
Le rapport a montré que les citoyens ont un faible niveau de connaissances sur 
le processus électoral, par exemple sur la manière dont les votes sont comptés, 
ce qui peut augmenter leur susceptibilité face aux fausses informations 
circulant en ligne et diminuer leur confiance envers l’intégrité de l’élection. 
Nous recommandons donc à Élections Québec et aux autres organismes de la 
société civile faisant de l’éducation civique de renforcer leurs efforts visant à 
éduquer les citoyens sur le fonctionnement des élections québécoises.  
Éviter les formulations qui laissent croire à la diffusion de 
résultats avant la fermeture des bureaux de vote  
Le soir de l’élection, certaines organisations médiatiques ont maladroitement 
créé des pages ou publié des articles laissant croire à l’annonce de résultats 
électoraux avant la fermeture des bureaux de vote, alimentant les discours 
selon lesquels l’élection était « arrangée » et le résultat connu d’avance. Nous 
encourageons les médias à s’abstenir de faire des publications pouvant laisser 
croire à l’annonce de résultats électoraux avant la fermeture des bureaux de 
vote. 
Prendre au sérieux la méfiance grandissante envers les 
institutions politiques, médiatiques et scientifiques 
Le présent rapport montre que certains segments de l’électorat sont 
particulièrement méfiants à l’égard des médias traditionnels, qu’ils définissent 
comme étant une source importante de mésinformation. Cette méfiance, tout 
comme celle à l’égard des institutions politiques et des scientifiques, rend 
certains individus plus susceptibles de s’informer principalement par 
l’entremise de sources alternatives d’information – lesquelles n’adhèrent pas 
nécessairement aux mêmes principes d’intégrité journalistique ou scientifique 
– et de croire et propager de fausses informations. Toute réponse sérieuse et à 
long terme face à l’enjeu de la mésinformation devra s’attarder aux sources de 
cette méfiance, mais aussi éviter de l’alimenter.  


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Exiger davantage de transparence et de responsabilité de la 
part des plateformes de médias sociaux 
Bien que les plateformes de médias sociaux fassent preuve de plus d’initiative 
pour combattre la mésinformation et en limiter la diffusion depuis le début de 
la pandémie de COVID-19, leurs algorithmes continuent de faire la promotion 
de contenu clivant ou contenant de fausses informations, lequel tend à générer 
plus d’interactions. Un plus grand niveau de transparence de la part des 
plateformes concernant leur fonctionnement, de même qu’un plus grand 
niveau de responsabilité concernant leurs effets sur la société apparait 
nécessaire. Cette responsabilité pourrait passer par l’application d’une 
« Obligation d’agir de manière responsable », tel que proposé par la 
Commission canadienne sur l’expression démocratique. Cette transparence et 
responsabilité requièrent aussi un meilleur accès aux données pour les 
chercheurs afin d’évaluer de manière indépendante l’amplification 
algorithmique sur chacune des plateformes. Un plus grand accès aux contenus 
retirés des plateformes, que ce soit parce qu’ils ont été partagés sous forme de 
stories ou parce que signalés, serait aussi bénéfique du point de vue de la 
recherche sur la mésinformation et les méfaits en ligne.  
Développer des infrastructures de données partagées 
Étudier l’environnement d’information et la mésinformation qui y circule 
requiert une quantité astronomique de données. Les infrastructures actuelles 
sont largement inadéquates et inefficaces. La plupart des chercheurs collectent 
de nouvelles bases de données pour chaque nouveau projet et les données ne 
sont généralement pas collectées dans l’optique d’être réutilisables. 
Développer des infrastructures de données partagées et des approches 
permettant de mieux suivre les conversations d’une plateforme à l’autre 
contribuerait à rendre la recherche sur l’environnement d’information 
beaucoup plus efficace et accessible pour la communauté scientifique en 
général et à améliorer notre compréhension de ses caractéristiques et ses 
effets. Ces infrastructures de données partagées devraient nécessairement 
impliquer des partenariats interuniversitaires, mais aussi interétatiques.   


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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Table des matières 
 
Introduction 
10 
01. Contexte: La désinformation électorale et la confiance dans l’administration des élections 
14 
02. Portrait de la mésinformation lors de l’élection 
20 
03. Perceptions des Québécois sur l’enjeu de la mésinformation 
33 
04. Mésinformation liée au vote et à l’intégrité de l’élection 
39 
05. Méfiance à l’égard des médias et des sondages 
48 
06. Les enjeux 
54 
07. Conclusions et recommandations 
59 
08. Appendices 
64 
09. Bibliographie 
70 
 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
10 
 
 
Introduction 
 
 
 
La mésinformation pose une menace sérieuse pour la démocratie. Obtenir de 
l’information exacte et fiable est nécessaire afin de permettre aux citoyens de 
faire les choix politiques les plus éclairés possible et de tenir les 
gouvernements imputables durant, mais aussi au-delà des élections. Dans 
l’ensemble des démocraties, la propagation de fausses informations par les 
leaders populistes, les médias alternatifs et les citoyens polarisés, accélérée 
par l’avènement des médias sociaux, a contribué à un désordre de 
l’information et une érosion de la cohésion sociale et de la confiance dans les 
institutions et processus démocratiques. 
 
Les élections sont considérées comme étant une période particulièrement propice pour les 
acteurs souhaitant propager de la désinformation en raison de l’attention accrue que les 
citoyens portent aux enjeux politiques et du potentiel plus grand d’influencer les décisions 
politiques. Bien que le Québec ne soit pas aussi polarisé politiquement et que les acteurs 
propageant de la désinformation n’aient pas la même portée et les mêmes ressources qu’aux 
États-Unis, les discours ayant circulé suivant l’attentat de la Mosquée de Québec, de même 
que durant la pandémie de COVID-19, montrent que le Québec n’est pas à l’abri de la 
désinformation.  
L’élection québécoise de 2022 était d’un intérêt particulier dans la mesure où il s’agissait de 
la première élection québécoise depuis le début de la pandémie de COVID-19, mais 
également depuis l’élection présidentielle américaine de 2020, au cours de laquelle les 
allégations de fraude électorale massive faites par le président sortant ont significativement 
diminué la confiance des Républicains envers les résultats électoraux et ont mené à 
l’insurrection du Capitole le 6 janvier 2021. Ces événements ont eu une incidence sur les 
discours ayant circulé lors de l’élection fédérale canadienne de 2021 et risquaient d’être tout 
aussi présents lors de l’élection provinciale québécoise de 2022.  
Bien que les initiatives visant à protéger l’intégrité des élections, de même que les études sur 
la désinformation électorale en général, aient principalement porté sur les élections 
nationales, les élections québécoises nous apparaissent aussi dignes d’intérêt dans la 
mesure où le Québec constitue une minorité francophone en Amérique du Nord et dispose 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
11 
 
 
donc d’un écosystème d’information différent de celui présent dans le reste du Canada. Les 
Québécois et Québécoises ont aussi, contrairement aux résidents de la plupart des autres 
provinces, un attachement plus fort à l’égard de la politique provinciale que la politique 
nationalei, comme démontré notamment par les taux de participation généralement plus 
élevés lors des élections provinciales au Québec
Description du projet et de la méthode 
Le Projet sur la désinformation électorale au Québec a été mis sur pied tout 
juste avant le début de la campagne électorale québécoise de 2022 afin 1) de 
rapidement identifier la mésinformation et la désinformation pouvant avoir 
une incidence sur la campagne et l’élection, 2) d’évaluer sa propagation et ses 
effets sur les attitudes et comportements des Québécois, et 3) de documenter 
les perceptions des Québécois et Québécoises à l’égard de la mésinformation.  
Le projet repose sur trois types de données : 
1. Données des médias sociaux :  
Les chercheurs du Projet ont passé des centaines d’heures sur les médias sociaux dans 
le but d’analyser les discours circulant en lien avec l’élection et d’identifier la 
mésinformation avant qu’elle ne devienne virale. Cette veille humaine des médias 
sociaux a été couplée à une analyse computationnelle des contenus circulant et 
obtenant beaucoup d’interactions sur les différentes plateformes de médias sociaux. 
Les analyses dans ce rapport sont basées sur un échantillon de plus de 2,3 millions de 
tweets en lien avec la politique québécoise, lesquels ont été identifiées à l’aide d’une 
liste de mots clés, hashtags, identifiants et mentions. Par exemple, nous avons collecté 
tous les tweets utilisant le mot « Québec », mentionnant un parti ou un chef de parti, un 
slogan électoral ou les principaux hashtags liés à l’élection ou à la politique québécoise 
(polqc, assnat, qcpoli et autres). Plus de détails sont fournis en Appendice A et B. Tout 
au long du rapport, des captures d'écran provenant de la veille humaine et un examen 
du volume et des thèmes de mésinformation provenant de la veille computationnelle 
permettent de mieux comprendre le rôle qu’a joué la mésinformation lors de l’élection 
québécoise de 2022. 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
12 
 
 
 
2. Données de sondages : 
Le Projet incluait des sondages préélectoral et postélectoral visant à évaluer la 
diffusion de certaines nouvelles vraies et fausses et de documenter les perceptions des 
Québécois et Québécoises sur la mésinformation et leur confiance dans le processus 
électoral. Un échantillon d’environ 100 Québécois et Québécoises constitué pour être 
représentatif en termes d’âge, de sexe et de représentation régionale a été interrogé 
chaque jour de la campagne, du 29 août au 2 octobre, pour un total de plus de 3700 
répondants. 1547 de ces répondants ont été recontactés et ont répondu au sondage 
postélectoral, lequel a été administré du 14 au 16 octobre. Dans toutes les analyses 
incluses dans ce rapport, les données sont pondérées en fonction de l’âge, du sexe et 
de la région afin d’assurer leur représentativité. Plus de détails sur la méthodologie 
sont fournis dans l’Appendice C.  
3. Données des médias :  
Le Projet a établi un partenariat avec le Centre d’études sur les médias  de l’Université 
Laval afin qu’ils incluent des questions sur la mésinformation à leur analyse de la 
couverture médiatique et du respect des normes journalistiques par les principaux 
médias québécois (Radio-Canada, La Presse et les médias de Québecor), qu’ils ont 
l’habitude de réaliser lors de chaque élection provinciale. À l’aide d’un codage 
systématique de tout contenu faisant mention de l’enjeu de la més/désinformation, 
cette analyse permet de mieux comprendre dans quelle mesure et comment les 
médias québécois ont abordé l’enjeu de la mésinformation et exercé leur rôle de 
vérification des faits durant l’élection. Les résultats de cette analyse seront présentés 
dans un rapport séparé. 
Définition de la mésinformation et de la désinformation 
Au cours des dernières années, les étiquettes comme « fausses nouvelles », « 
mésinformation » et « désinformation » ont été politisées et utilisées par certains politiciens, 
organisations médiatiques et citoyens pour attaquer et décrédibiliser ceux ayant des 
opinions politiques différentes.ii Dans cette optique, il apparait utile de fournir une définition 
de ce que sont la mésinformation et la désinformation.  
Les termes mésinformation et désinformation réfèrent tous les deux à des informations 
fausses ou trompeuses, c’est-à-dire des informations qui contredisent les meilleures preuves 
scientifiques disponibles.iii La distinction vient du fait que la désinformation implique que les 
fausses informations sont créées ou partagées dans le but d’induire en erreur, de causer du 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
13 
 
 
tort ou de réaliser des gains (politiques, financiers, etc.), alors que la mésinformation inclut 
aussi les fausses informations qui sont propagées accidentellement ou en raison d’un simple 
manque de connaissances sur un enjeu.  
À travers le rapport, nous utiliserons le terme « mésinformation » pour discuter des fausses 
informations étant partagées par des citoyens ordinaires sur les médias sociaux, considérant 
qu’il est généralement difficile d’évaluer les intentions des utilisateurs (parfois anonymes) 
qui la propagent. 
Contenu du rapport 
Le rapport se décline en huit sections. La première section offre des éléments de contexte sur 
le rôle de la mésinformation lors des élections dans les démocraties avancées et sur les 
facteurs qui rendent le Québec relativement résilient par rapport à la mésinformation. La 
deuxième section présente un portrait de la mésinformation lors de l’élection québécoise de 
2022, incluant une évaluation du volume et des thématiques de mésinformation durant 
l’élection, ainsi qu’une comparaison de la propagation et la véracité perçue de la 
mésinformation par rapport aux nouvelles véridiques ayant circulé durant la campagne.  
La troisième section discute des perceptions que les Québécois ont de l’enjeu de la 
mésinformation. On y présente notamment des données sur le pourcentage de Québécois qui 
estiment avoir été exposés à de la mésinformation pendant l’élection, sur ce que les 
Québécois perçoivent comme étant de la mésinformation, de même que sur les effets perçus 
de la mésinformation sur l’élection québécoise.  
Les sections quatre à six présentent un examen de trois thèmes importants de 
mésinformation pendant l’élection : l’intégrité électorale, les sondages et les médias, et la 
COVID-19. La quatrième section présente une évaluation du volume et des thématiques de 
discussions en lien avec la fraude électorale tout au long de la période électorale, de même 
que des attributs de ceux qui n’ont pas confiance dans le processus électoral. La cinquième 
section détaille comment les médias et certaines firmes de sondage ont été présentés comme 
d’importants propagateurs de mésinformation ou comme faisant partie d’un complot avec le 
gouvernement dans certaines communautés en ligne. Finalement, la sixième section 
s’attarde à l’importance de la mésinformation en lien avec la COVID-19 et les changements 
climatiques durant l’élection. 
Finalement, la dernière section présente nos principales conclusions et recommandations.  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
14 
 
 
01. Contexte:  
La désinformation électorale et la confiance dans 
l’administration des élections 
 
 
Bien que la mésinformation et la désinformation ne soient pas des 
phénomènes nouveaux lors des élections, elles ont occupé une place plus 
importante dans la rhétorique des candidats, principalement les candidats 
populistes de droiteiv, et ont été davantage abordées dans la sphère publique 
et médiatique au cours des dernières élections.  
 
De manière générale, les élections sont une période propice à la circulation de 
désinformation cibléev compte tenu du niveau d’attention supérieur que les citoyens portent 
aux débats politiques et du fait que ceux-ci sont appelés à décider qui les gouvernera pour les 
prochaines années. Considérant la place grandissante jouée par les communications 
numériques lors des élections, ainsi que les possibilités d’ingérence et de manipulation 
qu’elles engendrent, les élections sont de plus en plus considérées comme un enjeu de 
sécurité nationale.vi Qu’elle soit propagée par des acteurs nationaux ou étrangers, la 
désinformation peut notamment être utilisée afin d’influencer le vote en faveur du candidat 
désiré, de décourager certains segments de l’électorat de voter ou de diminuer la confiance 
envers le processus électoral.vii 
Dans les pays où l’on retrouve plusieurs partis en compétition, incluant l’Allemagne et l’Italie, 
il a été démontré que l’exposition à la désinformation pouvait avoir pour effet d'augmenter 
l’aliénation de certains groupes de citoyens à l’égard des principaux partis et d’augmenter 
leur propension à appuyer les partis à tendance populiste (bien que l’exposition aux fausses 
nouvelles ne puisse pas, à elle seule, expliquer la montée des partis populistes).viii La 
désinformation peut aussi avoir une incidence sur la participation électorale, notamment 
lorsqu’utilisée pour induire certains groupes d’électeurs précis en erreur concernant 
l’endroit, le moment et la manière de voter.ix  
Dans le cas américain, l’intégrité de l’élection était l’une des thématiques principales de 
désinformation lors des deux dernières élections présidentielles. En 2016, Donald Trump a 
répété à plusieurs occasions que les sondages, l’administration électorale et les médias 
étaient biaisés contre lui, qu’Hillary Clinton ferait tout pour « voler » l’élection, que les votes 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
15 
 
 
ne seraient pas comptés correctement et que les immigrants illégaux voteraient 
massivement.x En 2020, ses principaux discours ont mis en doute l’intégrité du vote par la 
poste. Le président sortant a refusé de reconnaître la victoire de Joe Biden et continué de 
répéter que l’élection lui avait été volée malgré le fait que plusieurs vérifications et tribunaux 
aient démenti les allégations de fraude électorale massive.xi Ces allégations ont contribué à 
une érosion massive de la confiance envers l’intégrité de l’élection parmi ses partisansxii, 
participant à ce qu’environ la moitié d’entre eux croient aux discours de fraude électorale 
massive et à l’affirmation selon laquelle il aurait gagné l’élection.xiii Ces événements ont aussi 
mené à l’attaque contre le Capitole le 6 janvier 2021, au cours de laquelle des manifestants 
radicaux ont envahi le Capitole afin d’empêcher la certification des résultats de l’élection. 
Ces événements ne sont pas sans conséquences pour le Canada. Des discours directement 
inspirés des allégations de fraude électorale de Donald Trump se sont propagés lors de 
l’élection fédérale canadienne de 2021xiv et risquaient d’être utilisés lors de l’élection 
québécoise de 2022 afin de miner la confiance envers le processus électoral. 
Cela étant dit, la plupart des citoyens ne sont, de manière générale, pas exposés à un volume 
important de mésinformation. Dans la plupart des cas, la mésinformation demeure 
concentrée au sein d’un groupe restreint d’individus qui ont une forte tendance à s’informer 
sur les médias sociaux et à volontairement s’exposer à des sources présentant du contenu 
conforme à leurs croyances, y compris du contenu contenant de fausses informations.xv En 
guise d’exemple, il a été estimé que, lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, 1 % 
des utilisateurs de Twitter ont été exposés à 80 % des fausses nouvelles et 0,1 % des 
utilisateurs étaient responsables de la propagation de 80 % des fausses nouvelles.xvi La 
mésinformation peut toutefois rejoindre un public plus large lorsque propagée par des 
figures politiques et médiatiques disposant d’un large auditoire.xvii 
Le Québec face à la désinformation 
Le Canada est considéré comme étant relativement résilient face à la désinformation en 
raison notamment du fait que le pays est peu polarisé politiquement comparativement 
notamment aux États-Unis, et que les citoyens ont un niveau de confiance relativement élevé 
dans les principaux médias d’information (bien que le niveau de confiance ait diminué)xviii, 
qui présentent un faible risque de désinformation.xix L’utilisation de plus en plus importante 
des médias sociaux pour obtenir de l’informationxx, de même que la consommation élevée 
d’information en provenance des États-Unis, surtout dans le Canada anglais, constituent 
toutefois des facteurs de vulnérabilité.xxi Néanmoins, la mésinformation et la désinformation 
n’ont pas joué un rôle majeur lors des élections fédérales canadiennes de 2019 et 2021.xxii 
Bien que les événements entourant l’élection présidentielle américaine de 2020 aient mené à 
une légère diminution de la confiance envers le processus électoral chez les Canadiens à 
l‘extrême droite de l’échiquier politique, les Canadiens de gauche seraient en fait devenus 
plus confiants envers le processus électoral en réaction à ces événements.xxiii  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
16 
 
 
Le Québec présente un cas particulier au sein du Canada puisqu’il constitue une minorité 
francophone en Amérique du Nord. Il y a moins d’incitatifs à créer et propager des fausses 
nouvelles au Québec puisque le bassin de population est relativement petit et que le reste du 
monde s’intéresse relativement peu à ce qui se passe dans la province, ce qui rend la 
production de désinformation moins profitable que dans un pays comme les États-Unis.xxiv 
Malgré l’émergence de plusieurs médias « alternatifs » proposant un contenu 
idéologiquement marqué au cours des dernières années, il n’existe pas au Québec de sites de 
fausses nouvelles rejoignant un auditoire pouvant se rapprocher de celui des médias 
traditionnels comme Radio-Canada, La Presse ou les médias de Québecor. La désinformation 
tend à provenir principalement d’influenceurs et de pages sur les médias sociaux visant à 
« réinformer » la population. 
Au-delà du marché, la différence linguistique rend aussi les Québécois moins susceptibles 
d’être directement exposés à l’écosystème d’information américain. Alors qu’une partie 
importante de la désinformation circulant sur les médias sociaux pendant la pandémie 
provenait des États-Unis, les Québécois francophones sont demeurés, en général, un peu 
moins susceptibles d’être influencés par cette désinformation, malgré le fait que les 
principales figures conspirationnistes québécoises aient pris soin de traduire et adapter 
cette désinformation au contexte québécois.xxv 
Cela ne signifie pas que le Québec est immunisé contre la désinformation, loin de là. La 
Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents estime qu’il y 
aurait environ 6 % d’adhérents complotistes convaincus au Québec et autour de 20 % 
d’adhérents appuyant certaines théories conspirationnistes sans y adhérer de manière 
systématique, des pourcentages similaires à ceux que nous avons observés lors de l’élection 
canadienne fédérale de 2021.xxvi Bien qu‘il puisse arriver à n‘importe qui de croire de fausses 
informations, surtout lorsqu‘elles confortent des opinions politiques existantes, les 
personnes les plus susceptibles d’y adhérer tendent à avoir, au Québec comme ailleurs, une 
plus forte propension à présenter des symptômes de détresse psychologique, à se méfier des 
institutions politiques et médiatiques et à s‘informer principalement sur les médias sociaux, 
dont les plateformes alternatives.xxvii  
Les études sur la désinformation électorale se sont principalement concentrées sur les 
élections nationales, mais nous croyons que les élections provinciales méritent tout autant 
d’être étudiées et protégées. Porter attention aux élections provinciales semble d’autant plus 
important dans une fédération relativement décentralisée comme le Canada et dans une 
province qui, en raison du fait qu’elle constitue la seule province à majorité francophone en 
Amérique du Nord, présente un écosystème d’information différent de celui présent dans le 
reste du pays.  


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
17 
 
 
Consommation médiatique au Québec 
Cette section dresse un bref portrait de la consommation médiatique au 
Québec afin de mieux comprendre l’environnement d’information dans lequel 
évoluent les Québécois et Québécoises.  
 
La télévision demeure la principale source d’information politique au Québec, alors que plus 
de 43 % des Québécois indiquent utiliser principalement ce médium pour s’informer 
politiquement. Comme illustré dans la Figure 1, l’utilisation de la télévision comme 
principale source d’information est fortement influencée par l’âge. Elle constitue la 
principale source d’information d’environ 60 % des 55 ans et plus, comparativement à tout 
juste 20 % chez les moins de 35 ans.  
 
Figure 1. Principale source d’information politique par groupe d’âge 
 
 
Les Québécois utilisent de plus en plus les médias sociaux comme source d’information 
politique. Cette tendance est particulièrement marquée chez les 18 à 24 ans, chez qui les 
médias sociaux constituent de loin la principale source d’information (40 % des répondants), 
20%
40%
13%
22%
28%
28%
18%
23%
32%
19%
15%
31%
26%
11%
13%
46%
27%
60%
35%
58%
65+ ans
55−64 ans
45−54 ans
35−44 ans
25−34 ans
18−24 ans
0%
25%
50%
75%
100%
Pourcentage estimé de Québécois
Autre
Médias sociaux
Radio
Journaux (papier ou numériques)
Télévision
Pourcentage pondéré basée sur 3713 observations du sondage pré−électoral


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
18 
 
 
de même que chez les 25 à 34 ans, chez qui ils arrivent essentiellement à égalité au premier 
rang avec les journaux imprimés et numériques à 28 %. Cela dit, les médias sociaux 
demeurent une source d’information politique non négligeable chez les générations plus 
âgées, bien qu’ils ne soient pas la principale. En effet, lorsque questionnés sur la fréquence 
de leur exposition à des nouvelles politiques sur les médias sociaux, 19 % des 55 ans et plus 
indiquent y être exposés chaque jour et plus de 40 % indiquent y être exposés au moins 
plusieurs fois par semaine. 
La Figure 2 détaille l’utilisation de chacune des plateformes numériques à des fins 
d’information politique. La ligne pointillée indique le pourcentage de Québécois ayant 
indiqué utiliser chacune des plateformes pour de l’information politique, alors que les barres 
indiquent le pourcentage par groupe d’âge. Facebook est de loin la plateforme la plus utilisée 
pour de l’information politique au Québec (45 %), suivie par Twitter (14 %), Instagram (14 %), 
YouTube (12 %) et TikTok (8 %).xxviii  
 
 
Figure 2. Exposition à de l’information politique sur les plateformes de médias 
sociaux par groupe d’âge 
 
 
Bien que les plus jeunes soient généralement plus enclins à s’informer politiquement sur les 
réseaux sociaux, cette différence n’est pas systématique et varie d’une plateforme à l’autre. 
L’écart est très prononcé dans le cas de TikTok, qui constitue une source d’information 
45%
14%
14%
12%
8%
Facebook
Instagram
Twitter
YouTube
TikTok
18−24 ans
25−34 ans
35−44 ans
45−54 ans
55−64 ans
65+ ans
18−24 ans
25−34 ans
35−44 ans
45−54 ans
55−64 ans
65+ ans
18−24 ans
25−34 ans
35−44 ans
45−54 ans
55−64 ans
65+ ans
18−24 ans
25−34 ans
35−44 ans
45−54 ans
55−64 ans
65+ ans
18−24 ans
25−34 ans
35−44 ans
45−54 ans
55−64 ans
65+ ans
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
Percentage of respondents


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
19 
 
 
politique très importante chez la plus jeune génération. En effet, 29 % des 18 à 24 ans 
déclarent s’y informer politiquement, une proportion qui chute à 14 % chez les 25 à 34 ans, 
puis à moins de 8 % chez les 35 ans et plus. L’utilisation de TikTok comme source 
d’information politique semble d’ailleurs en hausse, alors que notre rapport produit lors de 
l’élection fédérale de 2021 indiquait que seulement 15 % des Canadiens âgés entre 18 et 25 
ans étaient exposés à de l’information politique sur cette plateforme. Une tendance similaire 
est observable pour Instagram, qui est fréquemment utilisée comme source d’information 
politique chez les plus jeunes (plus de 40 % chez les moins de 25 ans) et dont l’usage décline 
drastiquement dans les groupes plus âgés. 
Une tendance générationnelle est aussi observable dans l’utilisation de Facebook comme 
source d’information politique, mais elle est nettement moins marquée. En effet, ce sont les 
25 à 34 ans qui ont le plus tendance à s’y informer politiquement (59 %), alors que viennent 
par la suite les 35-44 ans (53 %), puis finalement les 18 à 24 ans (51 %). Facebook est 
d’ailleurs la seule plateforme qui soit utilisée massivement par les 55 ans et plus (plus de 
35 %). Une conclusion similaire s’applique à l’utilisation de Twitter, qui est utilisée de 
manière similaire par tous les groupes d’âge entre 18 et 54 ans (un peu plus de 15 %) et 
demeure utilisée par une proportion non négligeable des 55 ans et plus (autour de 10 %). 
Cela dit, cette plateforme demeure nettement moins populaire que Facebook comme source 
d’information politique. 
En somme, les plateformes de médias sociaux constituent une source importante 
d’information politique au Québec, particulièrement chez les plus jeunes générations. Cette 
dynamique est importante puisque qu’utiliser les médias sociaux comme source 
d’information augmente la probabilité d’exposition et d’adhésion aux fausses informations 
circulant dans la sphère publique.xxix 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
20 
 
 
02. Portrait de la mésinformation 
lors de l’élection 
 
 
 
 
Bien que la campagne électorale ait principalement porté sur d’autres sujets, 
incluant la santé, l’environnement, le coût de la vie, l’immigration et le déclin 
du français, la mésinformation y a été un sujet de discussion plus important 
qu’à l’habitude, allant au-delà de la simple vérification des déclarations des 
chefs de partis lors des débats.  
 
Comme indiqué en introduction, nous avons collecté plus de 2,3 millions de tweets publiés 
durant la période électorale et portant sur la politique québécoise (voir l’Appendice A pour la 
méthodologie). La Figure 3 montre le pourcentage de tweets liés à l’élection contenant un 
mot clé qui peut être associé à la mésinformation, soit tous les mots incluant les séries de 
caractères suivants : « mésinfo », « désinfo », « réinfo », « fausses nouvelles », « fausses 
informations », « faussetés », « conspiration », « complot », « mentir » et « infox », ainsi que 
leurs équivalents en anglais. Les mots qui incluent d’autres caractères, tels que 
« désinformer » ou « complotiste » sont également codés comme traitant de mésinformation. 
Comme le montre le graphique, le thème de la mésinformation a constitué, en moyenne, 
entre 0,5 et 1 % des discussions quotidiennes en lien avec l’élection sur Twitter durant la 
campagne. 
 
 
 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
21 
 
 
 
Figure 3. Pourcentage de tweets traitant de la mésinformation durant la campagne 
électorale 
 
En début de campagne, plusieurs candidats et bénévoles ont été victimes de menaces. Les 
députés libéraux Marwah Rizqy et Enrico Ciccone ont notamment reçu des menaces de mort 
et le bureau de comté d’Enrico Ciccone a été vandalisé. Deux bénévoles du Parti conservateur 
ont aussi été menacés à l’arme blanche alors qu’ils posaient des pancartes. Ces événements 
ont amené un questionnement collectif sur le rôle de la mésinformation dans la détérioration 
du climat social au Québec. La députée Marwah Rizqy, ainsi que plusieurs journalistes et 
citoyens ont pointé du doigt le Parti conservateur et ses partisans pour la détérioration du 
climat social, menant à la publication de plusieurs articles journalistiques sur le sujet. C’est 
en lien avec ces événements que la mésinformation a été le plus discutée durant la 
campagne, atteignant près de 3 % des discussions en lien avec la politique québécoise. On 
observe, en effet, un pic de discussions entre le 2 et le 5 septembre, en réaction aux menaces 
contre les députés libéraux, lesquelles ont été couvertes par les médias à partir du 31 août.xxx  
Un deuxième sommet de discussions de la mésinformation, de moins grande envergure 
toutefois, apparait le 30 septembre, en lien avec la publication de l’enquête de Radio-Canada 
sur le rôle joué par la firme McKinsey dans la gestion de la pandémie au Québec. Le sommet 
s’explique notamment par le fait que plusieurs internautes ont fait allusion au complotisme 
en réaction à cette nouvelle.  
 
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Menaces contre les députés Rizqy et Ciccone
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
Révélations sur le rôle de McKinsey
0.0%
0.5%
1.0%
1.5%
2.0%
2.5%
3.0%
08−28
09−01
09−05
09−09
09−13
09−17
09−21
09−25
09−29
10−03
Date
Pourcentage de tweets traitant de mésinformation


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
22 
 
 
Thèmes de la mésinformation 
Nous avons évalué les thématiques de discussions en lien avec l’élection en comparant le 
volume de discussions sur certains enjeux parmi la population en générale et les utilisateurs 
ayant tendance à propager de la mésinformation. Nous nous sommes particulièrement 
intéressés aux enjeux suivants : le processus électoral, la COVID-19, l’environnement, 
l’immigration, la langue et le coût de la vie. La Figure 4 montre le volume de discussion sur 
ces enjeux dans la population en général (ou plutôt le segment de la population utilisant 
Twitter et ayant publié des tweets et retweets en lien avec la politique québécoise), ainsi que 
chez une cinquantaine (49) d’utilisateurs québécois parmi ceux ayant le plus activement 
tenu des propos de nature conspirationniste sur Twitter durant la campagne.xxxi Les 
dictionnaires utilisés pour mesurer le volume de discussions sont inclus en Appendice B. 
L’utilisation de dictionnaires relativement simples mène nécessairement à une sous-
estimation du volume de discussion, ceux-ci ne permettant pas d’identifier l’entièreté des 
tweets portant sur un enjeu, mais permet néanmoins d’obtenir un aperçu du volume et des 
dynamiques de discussions durant la campagne. 
 
Figure 4. Comparaison du volume de discussions par enjeux sur Twitter chez une 
cinquantaine de comptes conspirationnistes parmi les plus actifs durant la 
campagne et dans la population générale 
 
 
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
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Élection
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Élection
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Élection
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Élection
Élection
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Élection
Élection
Élection
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Élection
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Élection
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Élection
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Élection
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Élection
Élection
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Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Élection
Environnement
Langue
Coût de la vie
Processus électoral
COVID−19
Immigration
09−0109−0809−1509−2209−2910−06
09−0109−0809−1509−2209−2910−06
09−0109−0809−1509−2209−2910−06
0%
10%
20%
30%
0%
2%
4%
6%
8%
Date
Pourcentage de tweets et retweets sur un enjeu
50 figures conspirationnistes
Population en général


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
23 
 
 
Les résultats montrent que les utilisateurs aux discours conspirationnistes ont eu davantage 
tendance à discuter du processus électoral que le reste de la population, surtout lors du vote 
par anticipation et au lendemain de l’élection, où l’on observe un pic de discussions sur le 
sujet. Les utilisateurs aux tendances conspirationnistes ont aussi davantage abordé le sujet 
de la COVID-19, et ce, durant presque l’entièreté de la période électorale. Chez les deux 
groupes, le volume de discussions sur la COVID-19 a été le plus élevé le 30 septembre (plus 
de 25 % des tweets en lien avec la politique québécoise), en réaction aux révélations sur le 
rôle de la firme McKinsey dans la gestion de la pandémie. 
En comparaison, on observe un volume de discussion similaire entre les deux groupes, 
quoique légèrement moins élevé parmi les utilisateurs aux discours conspirationnistes, sur 
l’environnement et l’immigration. L’environnement a été davantage discuté aux alentours du 
23 septembre, journée de manifestations pour le climat à Montréal et à travers le monde. 
Concernant l’immigration, les volumes plus élevés correspondent avec les fausses 
déclarations du premier ministre François Legault liant l’immigration à la violence et du 
ministre sortant de l’Immigration, Jean Boulet, selon laquelle « 80 % des immigrants s’en 
vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de 
la société québécoise » (voir la section Circulation des nouvelles vraies et fausses pour plus 
de détails). Finalement, la langue et le coût de la vie semblent avoir été assez peu discutés sur 
Twitter durant la campagne, et ce, tant parmi les figures conspirationnistes que la population 
en général. 
Il est à noter que la présente analyse s’attarde uniquement au volume de discussions, les 
données montrant que ceux adhérant à la pensée conspirationniste ont davantage discuté de 
l’intégrité électorale et de la COVID-19 durant la campagne. Comme il sera détaillé dans les 
prochaines sections, la nature des discussions sur ces enjeux était aussi très différente dans 
les deux groupes, les communautés aux tendances conspirationnistes étant davantage 
suspicieuses et étant plus susceptibles d’avoir des aprioris négatifs sur l’intégrité électorale 
et la COVID-19 que les autres Québécois.  
Évaluation de la propagation de la mésinformation 
Afin d’examiner dans quelle mesure la mésinformation réussit à se propager et à générer des 
réactions sur les médias sociaux, nous avons comparé le nombre de réactions générées par 
les publications des principaux leaders conspirationnistes au Québec par rapport à celles des 
partis et de leur chef. Parmi la cinquantaine de comptes aux tendances conspirationnistes 
décrite ci-dessus, nous avons conservé les 10 comptes dont les publications ont généré le 
plus de réactions (mentions « J’aime » et partages), lesquels constituent pour la plupart des 
leaders conspirationnistes connus disposant d’un large auditoire (ces leaders sont suivis par 
plus de 15 000 utilisateurs en moyenne). Nous avons comparé le nombre moyen de réactions 
obtenues par publication à celui des cinq principaux partis politiques et de leurs chefs. 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
24 
 
 
L’analyse est basée sur 938 tweets originaux pour les partis politiques, 1087 tweets pour les 
chefs de partis et 896 tweets pour les personnalités conspirationnistes.  
Comme le montre la Figure 5, le contenu publié par les principales figures conspirationnistes 
a généré, en moyenne, un nombre similaire de mentions « J’aime » et de partages que le 
contenu publié par les chefs de partis et plus de mentions « J’aime » et de partages que le 
contenu publié par les partis politiques. Ces résultats pourraient refléter le fait que le 
contenu qui génère des émotions négatives tend à générer plus d’interactions et à se 
propager plus rapidement en ligne et que la communauté conspirationniste forme un réseau 
relativement actif et cohésif en ligne. Dans tous les cas, ces résultats génèrent des questions 
sur le type de contenu mis de l’avant par les algorithmes des plateformes de médias sociaux 
durant une élection.  
  
 
Figure 5. Comparaison du nombre moyen de mentions « J’aime » et de partages par 
tweet original pour les cinq principaux partis politiques québécois, les cinq 
principaux chefs de partis et les 10 figures conspirationnistes québécoises ayant 
généré le plus d’interactions durant la campagne 
 
 
Partages
ntions « J'aime »
0
50
100
150
200
Nombre moyen de mentions « J'aime » et de partages
Partis politiques
Chefs de partis
Leaders complotistes


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
25 
 
 
Circulation des nouvelles vraies et fausses 
L’un des objectifs du projet était d’identifier la mésinformation circulant durant la campagne 
et d’examiner sa propagation et sa capacité à convaincre les électeurs. Pour ce faire, nous 
avons utilisé une veille ethnographique des médias sociaux, laquelle portait attention aux 
conversations en lien avec la politique québécoise sur une variété de plateformes et d’enjeux, 
afin d’identifier les faux discours qui semblaient vouloir se propager et pouvaient avoir une 
incidence sur l’élection. Nous avons utilisé le sondage préélectoral et postélectoral afin 
d’évaluer la propagation et la capacité de convaincre de ces fausses nouvelles en 
comparaison avec de vraies nouvelles politiques ayant circulé durant la campagne. 
 
Pendant la période électorale, nous avons questionné les répondants à propos des quatre 
principaux incidents de mésinformation suivants : 
Incident 1 :  
Les grandes firmes de sondages publient des résultats biaisés afin 
d'influencer le résultat de l'élection (voir la Section 5 du rapport pour 
plus de détails sur cet incident).  
Incident 2 : 
Les CHSLD ont reçu une lettre annonçant que, suite à une réélection 
de la CAQ, l'ensemble du Québec serait à nouveau confiné (voir 
Figure 6). Cette fausse information, ayant notamment été repartagée 
plus d’une centaine de fois sur Twitter, s’inscrit au sein d’un 
discours plus large selon lequel la Coalition Avenir Québec aurait 
prévu réinstaurer les mesures sanitaires en place durant la 
pandémie, ainsi que d’autres mesures plus extrêmes advenant sa 
réélection. Plusieurs personnes travaillant dans les CHSLD ont 
démenti la rumeur selon laquelle ils auraient reçu une telle lettre. Le 
premier ministre sortant, François Legault, de même que son 
ministre de la Santé Christian Dubé ont indiqué durant la campagne 
qu’il n’était pas prévu qu’ils remettent les mesures sanitaires en 
place, mais qu’ils ne seraient pas gênés de le faire si cela devenait 
nécessaire.xxxii Plus de détails sur ces discours sont fournis dans la 
Section 6 du rapport. 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
26 
 
 
 
Figure 6. Fausse information au sujet d’un reconfinement général advenant la 
réélection d’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec 
 
Incident 3 :  
Les manifestations « Dehors la CAQ », prévues le 1er octobre, sont 
organisées par le Parti conservateur.xxxiii Le 1er octobre, deux jours 
avant l’élection générale, des convois de protestation provenant de 
plus d’une trentaine de villes au Québec se sont rendus à 
L’Assomption, ville du bureau de circonscription de François 
Legault, afin d‘exprimer leur mécontentement par rapport à la 
gestion de la pandémie par le gouvernement de la Coalition Avenir 
Québec. Le chef du Parti conservateur, de même que son attaché de 
presse, ont nié toute implication dans cette manifestation.  
Incident 4 :  
Durant un débat entre candidats, le ministre sortant de 
l'Immigration a affirmé que « 80 % des immigrants vont à Montréal, 
ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux 
valeurs de la société québécoise ». Il est à noter que nous avons 
interrogé les Québécois sur la véracité de la déclaration du ministre 
Boulet durant la campagne, alors que nous les avons questionnés 
sur la véracité de la nouvelle après l’élection. Cette déclaration a 
notamment été démentie par La Vérif, qui a indiqué que 77 % des 
immigrants dans le Grand Montréal (et 89 % dans le reste du 
Québec) ont une connaissance du français et que la population 
immigrante du Grand Montréal a un taux d‘emploi similaire, voire 
supérieur à celui de la population née au Canada.xxxiv Il est à noter que 
M. Boulet s’est excusé pour cette déclaration et a été sermonné par 
François Legault, qui a indiqué qu’il s’était « disqualifié » du poste de 
ministre de l’Immigration.xxxv 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
27 
 
 
 
Nous avons comparé la propagation et la véracité perçue de ces incidents à celles des quatre 
nouvelles suivantes ayant circulé durant la campagne : 
Nouvelle 1 :  
Le candidat libéral André A. Morin a affirmé « Ce n'est pas quelque 
chose qui m'inquiète » lorsque questionné sur le déclin du français 
comme langue parlée à la maison au Québec.xxxvi 
Nouvelle 2 :  
Au cours des dernières années, Éric Duhaime a accumulé plusieurs 
milliers de dollars en taxes impayées pour des immeubles dont il est 
le propriétaire.xxxvii 
Nouvelle 3 :  
Québec Solidaire propose d'acheter 10 000 maisons, de les rénover 
et de les revendre à un prix abordable durant un premier 
mandat.xxxviii 
Nouvelle 4 :  
Les nouvelles sanctions internationales annoncées par Moscou 
empêchent François Legault d'entrer en territoire russe.xxxix 
Nouvelle 5 :  
La firme américaine McKinsey a été payée environ 35 000$ par jour 
pour conseiller le gouvernement du Québec sur comment gérer la 
pandémie.xl 
Les résultats sont présentés dans la Figure 7. Les quatre premières nouvelles (en turquoise) 
sont les nouvelles véridiques, alors que les quatre nouvelles suivantes (en rouge) sont les 
fausses nouvelles. Les barres blanches montrent le pourcentage de répondants qui 
rapportent avoir vu, lu ou entendu cette nouvelle, alors que les barres colorées montrent la 
proportion de ceux qui perçoivent la nouvelle comme étant vraie parmi ceux qui y ont été 
exposés. Le graphique inclut les résultats tels que mesurés dans la semaine de publication de 
la nouvelle et dans le sondage postélectoral. Comme indiqué, les répondants ont été 
questionnés sur la véracité de la déclaration du ministre Boulet dans le sondage préélectoral, 
alors qu’ils ont été questionnés sur la véracité de la nouvelle selon laquelle le ministre aurait 
fait cette affirmation dans le sondage postélectoral. 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
28 
 
 
 
 
Figure 7. Pourcentage de répondants ayant été exposés et croyant en la véracité de 
nouvelles vraies et fausses durant la campagne et après l’élection 
 
Les résultats montrent qu’il y a eu beaucoup de variation dans la circulation de la 
mésinformation durant l’élection. La mésinformation sur les biais des firmes de sondages et 
sur le reconfinement général suivant une réélection de la CAQ a relativement peu circulé en 
comparaison avec les nouvelles véridiques, ayant respectivement été vue par seulement 7 et 
15 % des répondants durant la campagne. En comparaison, la fausse déclaration du ministre 
sortant de l’Immigration selon laquelle « 80 % des immigrants vont à Montréal, ne travaillent 
pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise » a été 
très fortement médiatisée, de sorte que près de trois quarts (73 %) des répondants y ont été 
exposés durant la campagne. Contrairement aux fausses informations sur les biais des 
sondages et le reconfinement prévu suivant une réélection de la CAQ, pour lesquels la source 
d’exposition était beaucoup plus diversifiée, une très forte majorité (80 %) des répondants 
ayant été exposés à la fausse déclaration du ministre Boulet sur l’immigration ont indiqué en 
avoir entendu parler via les médias traditionnels. L’exposition à cette nouvelle est 
comparable au pourcentage de gens qui ont rapporté avoir entendu parler des taxes 
municipales impayées par le chef du Parti conservateur du Québec (74 %). Il est intéressant 
de souligner que l’exposition aux principales nouvelles est plus élevée que lors de l’élection 
fédérale de 2021, alors qu’aucune des nouvelles incluses n’avait été vue par plus de 65 % des 
répondants. Cela pourrait s’expliquer par le type de nouvelles choisies, mais peut-être aussi 
par la plus petite taille de l’écosystème d’information au Québec qui pourrait augmenter la 
probabilité que chacun soit exposé aux nouvelles les plus médiatisées.  
Candidat libéral affirme ne pas être
inquiété par le déclin du français
Taxes municipales impayées
de Duhaime
Québec Solidaire propose
d'acheter 10 000 maisons
Legault visé par
des sanctions russes
Implication de la firme McKinsey
dans la gestion de la pandémie
Sondeurs publient des résultats
biaisés afin d'influencer l'élection
Reconfinement suite à une
réélection de la CAQ
Manifestations « Dehors la CAQ »
sont organisées par le PCQ
Déclaration du ministre Boulet
sur l'immigration
0%
25%
50%
75%
100%
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Après l'élection
Semaine de publication
Pourcentage de répondants
Perçue comme vraie
Exposition rapportée
Fausses nouvelles
Nouvelles véridiques
Moyennes basées sur un échantillon variant entre 339 (la nouvelle sur McKinsey est sortie tout juste avant l'élection)
et 966 observations par nouvelle pour le sondage pré−électoral et 1546 observations pour le sondage post−électoral.
Les barres montrent le pourcentage de répondants indiquant avoir vu la nouvelle, alors que les barres intérieures
(colorées) montrent le pourcentage de répondants qui croient que la nouvelle est vraie.


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
29 
 
 
De manière générale, les Québécois sont relativement en mesure de distinguer les nouvelles 
vraies des fausses. En effet, parmi ceux qui ont indiqué avoir été exposés à ces nouvelles, un 
pourcentage significativement plus élevé de Québécois a cru en la véracité des vraies 
nouvelles, soit entre 61 % (déclaration du candidat libéral sur le déclin du français, semaine 
de publication) et 92 % (implication de la firme McKinsey dans la gestion de la pandémie, 
semaine de publication) qu’en la véracité des nouvelles contenant de fausses informations, 
soit entre 34 % (déclaration du ministre Boulet sur l’immigration, semaine de publication) et 
61 % (organisation des manifestations « Dehors la CAQ » par le PCQ, semaine de publication). 
Il est à noter que le pourcentage de répondants qui croit la mésinformation demeure 
relativement élevé puisque l’on s’attarde ici à ceux qui croient en la véracité de ces nouvelles 
parmi ceux qui y ont été exposés. De manière générale, les individus qui ont une plus forte 
tendance à croire la mésinformation ont aussi une plus forte tendance à volontairement 
consommer ce type d’information, un phénomène que l’on appelle l’exposition sélective. 
Observations par rapport à la diffusion de la 
mésinformation sur les médias sociaux 
Notre ethnographie des médias sociaux durant la période électorale a permis de détecter un 
volume relativement élevé de mésinformation sur toutes les plateformes. Les principales 
figures propageant de la mésinformation n’utilisent pas toutes la même stratégie eu égard à 
leur présence sur les différentes plateformes : certaines sont plus actives sur les plateformes 
traditionnelles comme Facebook et Twitter, alors que d’autres se concentrent sur TikTok ou 
sur des plateformes alternatives telles que Rumble, Odyssey et Telegram. Dans tous les cas, 
ces leaders semblent de plus en plus présents sur une multitude de plateformes et partagent 
souvent les mêmes messages, à quelques minutes d’intervalle, sur différentes plateformes 
(Facebook, Twitter, Telegram, TikTok, etc.) afin de rejoindre différents auditoires.  
Peu importe la plateforme, la mésinformation était généralement concentrée au sein de 
certaines communautés relativement homogènes. Comme nous l’avons noté lors de la 
dernière élection fédérale, la pandémie semble avoir contribué à l’émergence et à 
l’organisation de communautés ayant tendance à croire et propager des théories du complot 
en ligne. En d’autres mots, la pandémie semble avoir permis aux individus adhérant à la 
pensée complotiste de se retrouver et de mieux s’organiser en réseau. L’une des implications 
est que la mésinformation tend à circuler rapidement à l’intérieur de ces réseaux, qui 
tendent à s’exposer à (via les comptes et pages qu’ils suivent) et sont prédisposés à croire ce 
type de contenus, créant des chambres d’écho ou bulles idéologiques. Étant donné 
l’existence et l’homogénéité relative de ces communautés, les messages publiés par les 
principales figures du mouvement tendent à obtenir un nombre relativement élevé 
d’interactions (mentions « J’aime » et partages), surtout dans le cas de Twitter, qui était l’une 
des principales plateformes de discussions sur l’élection et où les publications obtenaient 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
30 
 
 
souvent plus d’une centaine de réactions. Une partie importante de la mésinformation ayant 
circulé provenait de ces leaders conspirationnistes ou était alimentée par du contenu qu’ils 
avaient préalablement publié. Cela dit, les fausses informations semblent circuler 
relativement peu à l’extérieur de ces réseaux, comme le démontre le faible niveau 
d’exposition aux fausses nouvelles sur les sondages biaisés et le reconfinement à venir.  
Le niveau de modération de contenus est demeuré relativement bas durant la campagne, la 
mésinformation en lien avec l’élection n’étant, de manière générale, pas identifiée comme 
telle ou retirée des plateformes. Cela dit, nous avons vu plusieurs utilisateurs tenter 
d’éduquer le public et de combattre la mésinformation sur le processus électoral. La 
modération était aussi plus présente lorsque les publications contenaient des menaces 
contre certains individus. 
La popularité surprenante des vidéos en direct 
Bien que l’accessibilité et l’instantanéité de l’information partagée sous la forme de très 
courts textes, vidéos ou mèmes la rende plus susceptible de se propager à grande échelle, 
une forme de contenu relativement populaire durant la campagne était les vidéos en direct. 
Ces vidéos, durant souvent plus d’une heure, ont été utilisés sur une base quasi quotidienne 
par certaines figures de proue du mouvement conspirationniste afin de discuter de sujets 
tels que la COVID-19, les changements climatiques, la politique et l’élection québécoise. Elles 
incluaient généralement des indications permettant aux personnes intéressées à soutenir la 
création de tels contenus de faire un don. Ces vidéos étaient illustratives de l’organisation du 
réseau, alors qu’il n’était pas rare de voir certaines figures conspirationnistes s’inviter dans 
leurs directs respectifs ou commencer à discuter d’un sujet après que celui-ci ait été 
mentionné par une autre figure du mouvement. Certaines de ces vidéos, contenant de 
fausses informations, ont été visionnées plusieurs dizaines de milliers de fois. Ce format 
rend potentiellement plus difficile de détecter et contrer la mésinformation, surtout sur les 
plateformes qui ne rendent pas les transcriptions disponibles.  
Le rôle grandissant et les vulnérabilités de TikTok 
Comme indiqué dans la section précédente, TikTok s’impose comme une source de plus en 
plus importante d’information politique, surtout chez les moins de 25 ans. TikTok a été une 
source relativement importante de mésinformation durant la campagne, surtout en lien avec 
l’intégrité électorale. La plateforme présente certaines vulnérabilités face à la 
mésinformation en raison notamment du fonctionnement de son algorithme et de certaines 
fonctionnalités offertes, telles que la fonction Duo.  
D’abord, le principal outil pour découvrir et consommer du contenu sur TikTok est la page 
« Pour toi », laquelle offre aux utilisateurs un fil de contenu infini et personnalisé. La 
consommation d’information sur TikTok est donc un peu moins orientée autour du fait de 
suivre d’autres pages ou utilisateurs, comme c’est le cas sur Facebook et Twitter. TikTok 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
31 
 
 
sépare ses utilisateurs en créneaux en tenant compte des intérêts personnels de chaque 
utilisateur. Ces intérêts sont mesurés par le temps qu’un individu passe à visionner chaque 
type de contenu. Les utilisateurs ayant un intérêt commun pour certains sujets sont 
regroupés ensemble et la majorité des visionnements viennent de la communauté 
partageant ce centre d’intérêt. Seules les vidéos qui engendrent un nombre de 
visionnements supérieur à la moyenne sont présentées à un plus grand nombre 
d’utilisateurs qui ne sont pas nécessairement des utilisateurs actifs au sein de ce centre 
d’intérêt. Ainsi, une personne suivant plusieurs utilisateurs propageant de la 
mésinformation ou portant une attention particulière aux contenus contenant de la 
mésinformation sur certains sujets risque de se voir offrir du contenu similaire dans leur 
page « Pour toi », même si ce contenu ne provient pas de comptes suivis par cette personne. 
La vulnérabilité des utilisateurs de TikTok en ce qui a trait à l’exposition à la désinformation 
provient de l’insularisation des utilisateurs qui y est particulièrement accentuée. Certains 
utilisateurs peuvent être peu exposés à des points de vue contraires aux leurs ou à des 
contenus de vérification de la mésinformation. L’une des chercheuses sur le projet a 
d’ailleurs observé que l’algorithme continuait de lui proposer des vidéos contenant de la 
mésinformation plus de deux semaines après leur création et son exposition à celles-ci.  
La facilité de la reproduction de l’information sur TikTok augmente la circulation de la 
mésinformation. Il est très facile pour un utilisateur, parfois anonyme, d’enregistrer et de 
relayer les contenus produits par d’autres utilisateurs ou provenant des médias 
traditionnels. Cette reproduction d’information passe principalement par la fonction Duo, 
qui permet à un utilisateur de répondre ou de republier un contenu sur sa propre page en 
collant une vidéo existante à la sienne ou en en coupant une partie afin de pouvoir y 
répondre ensuite. TikTok permet également de produire des réponses écrites ou par vidéo 
aux commentaires, ce qui augmente l’interactivité entre les membres de la plateforme. Ces 
fonctionnalités peuvent faciliter la circulation d’informations inexactes ou trompeuses, en 
permettant de reproduire ou renchérir sur la mésinformation produite par autrui, mais a 
aussi été utilisée afin de combattre la mésinformation circulant pendant la campagne. 
En effet, plusieurs utilisateurs disposant d’une expertise professionnelle comme médecin, 
avocat, enseignant ou chercheur ou cherchant simplement à rétablir les faits sur une 
question ont produit du contenu dans le but de déconstruire des formes de mésinformation 
présentes sur la plateforme, notamment en lien avec le processus électoral. Cette correction 
des faits était parfois, mais pas toujours, basée sur l’utilisation de la fonction Duo. Il est 
important de souligner, cependant, que le nombre d’utilisateurs prenant la peine de corriger 
la mésinformation sur la plateforme ne se compare pas au nombre d’utilisateurs propageant, 
en premier lieu, cette mésinformation.  
L'un des facteurs limitant notre capacité de brosser un portrait global de la mésinformation 
sur la plateforme est le fait que les contenus en temps réel, aussi connus sous le nom de Live 
ou Direct, ne sont pas enregistrés sur la plateforme et qu’il est impossible de les revisionner 
après la diffusion originale. La même problématique s’applique également aux Stories, qui 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
32 
 
 
sont des images et des vidéos, ayant un délai de péremption de 24 heures et qu’il est 
impossible de regarder après la diffusion originale. Cette problématique signifie qu’il est 
généralement impossible pour un chercheur s’attardant à l’intégrité de l’information ou à 
d’autres formes de méfaits en ligne de retrouver ce contenu et d’en évaluer la portée dans le 
cas où il aurait été informé de son existence après la période de 24h.  
Au-delà de la difficulté à retrouver à postériori la mésinformation ayant circulé sur la 
plateforme, notamment après avoir été informé de l’existence d’un contenu problématique 
en particulier, la modération de contenu apparait difficile en raison des ressources humaines 
requises dans le processus et du fait que la plateforme favorise la combinaison de contenus 
audios, visuels et textuels.  
La barrière linguistique est aussi un enjeu, plusieurs recherches ayant montré que les outils 
et efforts de modération de contenu sont mieux développés en anglais que dans les autres 
langues. 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
33 
 
 
03. Perceptions des Québécois 
sur l’enjeu de la mésinformation  
 
 
 
 
Plusieurs sondages ont démontré que les citoyens des démocraties libérales 
sont fortement préoccupés par la propagation des fausses informations et que 
le niveau de préoccupation est particulièrement élevé au Canada.xli  
 
Cette section vise à examiner dans quelle mesure les Québécois et Québécoises estiment 
avoir été exposés à de fausses informations durant la campagne, dans quelle mesure ils se 
considèrent capables de distinguer entre les informations vraies et fausses, ce qu’ils 
considèrent comme étant de la mésinformation, de même que leur perception des effets de 
la mésinformation sur l’élection et la démocratie au Québec. 
Perceptions de la mésinformation en comparaison avec 
l’élection fédérale canadienne de 2021 
Dans les sondages postélectoraux réalisés lors de l’élection fédérale canadienne de 2021 et 
de l’élection provinciale québécoise de 2022, nous avons questionné les répondants sur leur 
exposition à la mésinformation durant la campagne et les impacts perçus de la 
mésinformation. Les résultats, présentés dans la Figure 8, montrent le pourcentage pondéré 
de répondants qui croient avoir vu, lu ou entendu de la mésinformation en lien avec 
l’élection durant la campagne et qui sont en accord avec les énoncés selon lesquels : « la 
mésinformation était un problème sérieux durant l’élection », « la mésinformation pose une 
menace pour la cohésion sociale » et « la mésinformation pose une menace pour la 
démocratie au Canada/Québec ». La Figure 8 présente les résultats pour l’élection provinciale 
québécoise de 2022 (bleu foncé), l’élection fédérale canadienne de 2021 (rouge) et les 
répondants québécois interrogés lors de l’élection fédérale canadienne de 2021 (turquoise). 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
34 
 
 
 
Figure 8. Exposition et effets perçus de la mésinformation lors de l’élection 
fédérale canadienne de 2021 et l’élection provinciale québécoise de 2022 
 
Les Québécois sont nombreux à croire qu’ils ont été exposés à de la mésinformation durant 
l’élection provinciale québécoise de 2022. En effet, 32 % des Québécois estiment avoir vu, lu 
ou entendu de la mésinformation pendant la campagne, comparativement à 24 % des 
Canadiens et 16 % des Québécois lors de l’élection fédérale canadienne de 2021. Néanmoins, 
la mésinformation n’est pas perçue comme ayant posé un problème plus sérieux lors de 
l’élection, le pourcentage de Québécois estimant que la mésinformation était un problème 
sérieux étant similaire, voire inférieur à celui observé lors de l’élection fédérale canadienne 
de 2021, soit près de 40 %. Tout comme lors de l’élection fédérale canadienne de 2021, plus 
de 70 % des Québécois continuent de considérer que la mésinformation pose une menace 
pour la cohésion sociale et la démocratie au Québec.  
Capacité à identifier les fausses informations 
Nous avons montré dans la Section 2 que les Québécois étaient plus susceptibles de croire les 
vraies nouvelles que les fausses informations. Néanmoins, les Québécois considèrent qu’ils 
ont de la difficulté à identifier ce qui constitue de la mésinformation. En effet, près d’un 
Québécois sur deux (45 %) a indiqué être incertain s’il a été exposé ou non à de la 
mésinformation lors de la campagne. De même, 47 % ont indiqué être en accord avec 
l’énoncé selon lequel il est difficile de distinguer entre la mésinformation et l’information 
factuelle. 
Exposition durant
la campagne
Problème sérieux
durant l'élection
Menace pour la
cohésion sociale
Menace pour la
démocratie
Québec
2022
Canada
2021
Canada
2021
(Québec)
Québec
2022
Canada
2021
Canada
2021
(Québec)
Québec
2022
Canada
2021
Canada
2021
(Québec)
Québec
2022
Canada
2021
Canada
2021
(Québec)
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
Élection
Pourcentage en accord avec l'énoncé
Pourcentage pondéré basé sur les sondages post−électoraux réalisés lors de l'élection provinciale québécoise de 2022
(1546 répondants) et l'élection fédérale canadienne de 2021 (2576 répondants, dont 383 au Québec)


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
35 
 
 
Bien qu’ils ne soient pas alarmistes, les Québécois expriment donc une certaine difficulté à 
distinguer le vrai du faux en ce qui a trait à l’information à laquelle ils sont exposés. Cette 
conclusion s’applique tant aux répondants plus informés politiquement que ceux l’étant 
moins. Le niveau d’information politique a été mesuré en demandant aux répondants de 
fournir la réponse à trois questions factuelles, parmi un choix de réponses. Ces trois 
questions mesuraient leur connaissance du nom du ministre des Finances du Québec, du 
taux de chômage au Québec au moment de l’élection et de la manière dont sont comptés les 
bulletins de vote lors des élections provinciales. Les répondants ayant eu la bonne réponse à 
toutes les questions sont considérés comme ayant un très haut niveau d’information 
politique, ceux ayant eu deux bonnes réponses sur trois comme ayant un haut niveau 
d’information politique, les répondants ayant eu une seule bonne réponse sont considérés 
comme ayant un niveau d’information modéré et finalement ceux n’ayant eu aucune bonne 
réponse comme ayant un faible niveau d’information politique. 
La Figure 9 démontre que si les répondants les plus informés politiquement s’estiment 
légèrement plus en mesure d’identifier la mésinformation que les répondants moins 
informés, cette différence n’est pas très profonde. Essentiellement, tous les électeurs, peu 
importe leur niveau d’information, expriment une difficulté similaire à identifier la 
mésinformation. 
 
 
Figure 9. Capacité à distinguer la mésinformation de l’information factuelle par 
niveau de connaissance politique 
 
Faible niveau d'information
Niveau d'information modéré
Haut niveau d'information
Très haut niveau d'information
1
2
3
4
5
(1=Très peu de difficulté, 5=Beaucoup de difficulté)
Niveau moyen de difficulté à distinguer entre mésinformation et
information factuelle
Réponse moyenne par niveau d'information politique, avec intervalle de confiance de 95%.


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
36 
 
 
Les thématiques de mésinformation selon les électeurs 
Durant la campagne, nous avons demandé aux répondants ayant indiqué avoir lu, vu ou 
entendu des informations fausses ou trompeuses en lien avec l’élection d’expliquer en quoi 
celles-ci consistaient. Les résultats ont été manuellement classifiés dans des catégories non 
mutuellement exclusives en fonction de l’entité accusée d’avoir propagé de fausses 
informations ou mise en cause par celles-ci, ainsi que des enjeux politiques mentionnés. Les 
résultats sont présentés dans la Figure 10. Parmi les répondants ayant fourni une réponse 
précise (411 réponses; certains répondants ne faisaient que fournir un synonyme ou une 
définition de la mésinformation), la Coalition Avenir Québec (19,0 %), le Parti conservateur 
du Québec (17,3 %) et les médias (9,5 %) ont souvent été pointés du doigt pour avoir propagé 
de fausses informations. Dans le cas de la Coalition Avenir Québec, les réponses 
concernaient principalement les déclarations de François Legault et du ministre sortant Jean 
Boulet sur l’immigration, la dénaturation des politiques de Québec Solidaire (taxes orange) et 
le troisième lien. Concernant le Parti conservateur, les accusations étaient souvent générales, 
mais concernaient parfois la COVID-19, l’intégrité électorale et les changements climatiques. 
Les médias étaient quant à eux accusés d’avoir une couverture trop favorable à l’égard de la 
Coalition Avenir Québec ou de la gauche et défavorable à l’égard du Parti conservateur. Les 
enjeux politiques les plus souvent mentionnés ont été l’immigration (11,7 %), la COVID-19 
(10,7 %), les taxes de Québec Solidaire (7,8 %) et l’intégrité du processus électoral 
(principalement l’utilisation du crayon de plomb) (7,1 %). 
 
Figure 10. Acteurs et thèmes associés à la mésinformation par les répondants 
durant la campagne 
 
Accuse
Enjeu
0%
5%
10%
15%
Médias sociaux
Autres partis
Médias
Politiciens en général
Parti conservateur
Coalition Avenir Québec
Taxes Duhaime
Santé
Racisme
Environnement
Langue
Intégrité électorale
Taxes QS
COVID−19
Immigration
Proportion de répondants
Pourcentage de réponses valides faisant référence à l'une des catégories parmi les 411 fournies
dans le sondage post−électoral. Les réponses ne sont pas mutuellement exclusives.


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
37 
 
 
Déterminants des perceptions de la mésinformation     
lors de l’élection 
Nous avons examiné les éléments pouvant influencer les perceptions d’avoir été exposé à de 
la mésinformation durant la campagne, de même que la perception que la mésinformation 
était un problème sérieux pendant l’élection. La Figure 11 rapporte les résultats de deux 
modèles linéaires estimés sur des échantillons de 1302 et 1223 répondants pour les modèles 
de gauche et de droite respectivement (le nombre varie en fonction des données 
manquantes). Un coefficient positif signifie que la variable est associée à une plus forte 
probabilité de croire que l’on a été exposé à des fausses informations durant la campagne et 
que la mésinformation était un problème sérieux durant l’élection, alors qu’un coefficient 
négatif est associé à une plus faible probabilité d’avoir de telles croyances. Les lignes 
horizontales entourant les coefficients représentent un intervalle de confiance de 95 %. 
Chaque observation est pondérée afin de rendre les résultats représentatifs de la population 
québécoise. Des effets fixes tenant compte de la région de résidence des répondants 
(Montréal RMR/Québec RMR/reste du Québec) sont inclus dans le modèle, mais ne sont pas 
présentés dans le graphique afin d’en alléger la présentation. 
 
Figure 11. Modèles de régression examinant les déterminants de l’exposition à et 
de l'impact perçu de la mésinformation lors de l’élection 
 
Exposition à la mésinformation
durant l'élection
La mésinformation était un problème
sérieux durant l'élection
−0.2
−0.1
0.0
0.1
0.2
0.3−0.4
0.0
0.4
0.8
Langue: Français
Age: 25−34
Age: 35−44
Age: 45−54
Age: 55−64
Age: 65+
Genre: homme
Diplômé(e) universitaire
Partisan(e) du PCQ
Partisan(e) du PQ
Partisan(e) de QS
Partisan(e) du PLQ
Partisan(e) de la CAQ
A voté
Connaissance politique
Difficile d'identifier la mésinformation
Exposition à la mésinformation: incertain(e)
Exposition à la mésinformation: oui
Consommation de nouvelles politiques
sur les réseaux sociaux
Consommation de nouvelles politiques
Coefficient
Déterminants de l'exposition et de la méfiance à l'égard
de la mésinformation


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
38 
 
 
Les résultats montrent que les individus qui consomment davantage de nouvelles politiques, 
que ce soit par l’entremise des médias traditionnels ou sociaux, sont plus susceptibles de 
croire qu’ils ont vu, lu ou entendu de la mésinformation durant la campagne. À l’inverse, 
ceux qui considèrent qu’il est difficile de distinguer la mésinformation des informations 
véridiques sont moins susceptibles de croire qu’ils y ont été exposés. On observe aussi des 
différences significatives entre les partisans des différents partis. Les partisans de Québec 
Solidaire et du Parti conservateur sont plus susceptibles de croire qu’ils ont été exposés à de 
la mésinformation durant la campagne, alors que les partisans du Parti libéral sont moins 
susceptibles d’avoir de telles croyances. Cela dit, comme il a été démontré précédemment, 
les partisans des différents partis ont offert des réponses très différentes lorsque 
questionnés sur ce qu’ils ont perçu comme étant de la mésinformation durant la campagne. 
Les variables sociodémographiques (âge, genre, éducation) semblent avoir peu d’influence 
sur l’exposition perçue à la mésinformation, à l’exception de la langue, les francophones 
étant plus susceptibles de croire qu’ils ont été exposés. Il est à noter que nous avions observé 
l’inverse lors de l’élection fédérale canadienne de 2021. 
En ce qui concerne l’influence perçue de la mésinformation sur l’élection, on observe que 
ceux qui consomment régulièrement des nouvelles politiques via les médias traditionnels 
sont moins susceptibles de croire que la mésinformation était un problème sérieux durant 
l’élection, alors que ceux qui consomment des nouvelles politiques sur les médias sociaux 
sont plus susceptibles de voir la mésinformation comme un problème sérieux. 
Naturellement, ceux qui estiment avoir été exposés à de la mésinformation ou qui sont 
incertains s’ils ont été exposés sont plus susceptibles de voir la mésinformation comme un 
problème sérieux que ceux qui estiment ne pas y avoir été exposés. On observe, encore une 
fois, des différences partisanes : les adhérents du Parti libéral, de Québec Solidaire et du Parti 
conservateur sont plus susceptibles de croire que la mésinformation était un problème 
sérieux durant l’élection. Les données suggèrent que les hommes et ceux qui ont un diplôme 
universitaire sont moins susceptibles de considérer la mésinformation comme un problème 
sérieux, bien que la différence hommes-femmes ne soit pas tout à fait significative. La langue 
semble, encore une fois, jouer un rôle dans les perceptions de la mésinformation, les 
francophones étant plus susceptibles que les anglophones de croire que la mésinformation 
était un problème sérieux durant l’élection. 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
39 
 
 
04. Mésinformation liée au vote 
et à l’intégrité de l’élection 
 
Volume de discussions sur l’intégrité électorale 
Dans le cadre du projet, nous avons porté une attention particulière à la mésinformation liée 
au vote et à l’intégrité du processus électoral, considérant les événements entourant 
l’élection présidentielle américaine de 2020. Lors de cette élection, des allégations de fraude 
électorale massive ont été propagées par le président sortant Donald Trump, qui a refusé de 
reconnaître sa défaite, amenant plusieurs partisans républicains à douter de l’intégrité du 
processus. Ces allégations ont éventuellement mené à l’attaque contre le Capitole le 6 janvier 
2021 par certains partisans radicaux essayant d’empêcher l’inauguration de Joe Biden. 
Plusieurs chercheurs ont démontré comment les discours de Donald Trump ont contribué à 
mettre l’intégrité électorale à l’agenda et comment cette stratégie a été reçue par ses 
supporters et contribué à l’insurrection au Capitole.xlii Dans le cadre d’un projet similaire 
réalisé lors de l’élection fédérale canadienne de 2021, nous avons observé des discours 
fortement inspirés de ceux ayant circulé lors de l’élection américaine de 2020 circuler sur les 
médias sociaux, notamment à propos de l’utilisation du vote par la poste ou de la nécessité 
de surveiller le dépouillement des votes pour éviter un rejet massif des votes pour certains 
partis.xliii Il était donc attendu que la mésinformation liée à l‘intégrité de l‘élection continue 
de circuler lors de l‘élection provinciale québécoise de 2022.  
La Figure 12 ci-dessous présente le volume de discussions au sujet de l’intégrité de l’élection 
provinciale québécoise de 2022 sur Twitter. L’analyse est basée sur un dictionnaire incluant 
des mots clés liés à l’intégrité de l’élection, tels que « rejeter les votes », « élection volée » ou 
« voter deux fois ». Le dictionnaire complet est inclus dans l’Appendice B.  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
40 
 
 
  
Figure 12. Volume de discussions sur l’intégrité de l’élection provinciale 
québécoise sur Twitter pendant la campagne et après l’élection 
 
En moyenne, entre le lancement de la campagne électorale le 28 août jusqu’au jour de 
l’élection le 3 octobre, le pourcentage quotidien de tweets portant sur l’intégrité de l’élection 
a été de 0,31 %. Le pourcentage de tweets sur le sujet est demeuré assez faible jusqu’au début 
du vote par anticipation le 25 septembre, où l’on observe une hausse marquée du volume de 
discussions sur l’intégrité électorale, incluant sur l’utilisation du crayon de plomb pour voter 
(plus de détails ci-dessous). Le pourcentage de tweets redescend ensuite graduellement 
jusqu’au jour de l’élection, où il se compare à celui observé lors du vote par anticipation. Le 
sujet de l’intégrité électorale a été le plus discuté au lendemain de l’élection, ainsi que dans 
les jours et semaines suivants, alors que plusieurs leaders conspirationnistes connus ont 
demandé aux citoyens d’offrir leurs témoignages sur les irrégularités électorales dont ils 
auraient été témoins en allant voter. On observe notamment un pic de discussions, avec près 
d’un pourcent des tweets sur la politique québécoise discutant d’intégrité électorale, le 17 
octobre 2022. Ce pic coïncide avec le rejet de la demande de recomptage dans Beauce-Nord 
par le tribunal, ainsi que la publication d’articles et de vidéos prétendant apporter des 
preuves d’irrégularités et de fraude électorale dans certains médias alternatifs (ce 
qu’Élections Québec a démenti), lesquels ont été repartagés sur plusieurs plateformes de 
médias sociaux, incluant Facebook et Twitter. De manière générale, ces publications 
représentaient des tentatives de créer un récit plus ou moins cohérent sur la fraude 
Début vote par anticipation
Début vote par anticipation
Début vote par anticipation
Début vote par anticipation
Début vote par anticipation
Début vote par anticipation
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Lancement de la campagne électorale
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Jour de l'élection
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0.00%
0.25%
0.50%
0.75%
1.00%
08−28
09−01
09−05
09−09
09−13
09−17
09−21
09−25
09−29
10−03
10−07
10−11
10−15
10−19
Date
Pourcentage de tweets traitant de l'intégrité de l'élection


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
41 
 
 
électorale sur la base d’anecdotes, d’événements isolés présentés comme généralisables à 
l’ensemble du Québec et autres éléments faux ou pris hors contexte.  
La cinquantaine de figures conspirationnistes les plus actives (voir note 30 ou Appendice A 
pour la méthodologie) ne sont pas ceux qui aient publié le plus grand nombre de tweets et 
retweets sur l’intégrité électorale en nombre absolu, certains utilisateurs ayant tendance à 
polluer l’environnement d’information en repartageant le même message sur la fraude 
électorale sous plusieurs dizaines de publications venant des médias, des candidats ou 
autres personnalités connues. Cela dit, les tweets sur l’intégrité électorale provenant des 
principales figures conspirationnistes ont généré un nombre beaucoup plus élevé de 
partages et ont donc contribué à la visibilité des discours sur l’intégrité électorale durant la 
campagne. Par exemple, un examen du nombre de tweets sur l’intégrité électorale par les 
principales figures conspirationnistes et du nombre de retweets sur ces publications suggère 
que plus de 10 % des tweets et retweets en lien avec l’intégrité électorale pendant la 
campagne ont découlé des publications de seulement quatre individus.  
Discours sur l’intégrité de l’élection à différents moments 
de la campagne 
Durant la campagne, certaines communautés très critiques de la gestion de la pandémie par 
la Coalition Avenir Québec prévoyaient déjà la fraude électorale, écrivant qu’il était 
impossible que le gouvernement ne soit réélu sans que l’élection ne soit frauduleuse. Ces 
discours s‘appuyaient principalement sur deux éléments : (1) une difficulté de concevoir que 
la population continue à appuyer la CAQ en raison du bilan dans les CHSLD et des mesures 
sanitaires jugées abusives, dont le passeport vaccinal; et (2) une généralisation à l’ensemble 
du Québec du faible appui pour la Coalition Avenir Québec que certains internautes 
observaient dans leur propre réseau. La fraude anticipée concernait chacune des étapes du 
processus électoral, incluant :  
• L’utilisation de crayons de plomb pour voter, qui permettraient aux 
administrateurs de l’élection de changer les votes (malgré le fait que les 
boîtes soient ouvertes et que les votes soient comptés devant des 
représentants de chacun des candidats); 
• L’utilisation du vote par la poste (malgré le fait que ce mode de vote soit 
seulement offert à un nombre restreint d’électeurs); 
• Le vote par anticipation, lequel permettrait de changer les boîtes entre le 
moment du vote et le moment du décompte (bien que les boîtes de scrutin 
soient scellées); 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
42 
 
 
• L’utilisation de machines pour compter les votes, lesquelles seraient 
programmées pour favoriser un parti (malgré le fait que tous les votes 
soient comptés à la main devant des représentants); 
• Le retrait présumé d’individus non vaccinés de la liste électorale ou 
l’obligation d’être vacciné pour voter (bien qu’aucune preuve vaccinale ne 
soit exigée pour voter et que tout électeur ait la possibilité de s’inscrire 
sur la liste électorale à l’intérieur des délais prévus par la loi s’il constate 
qu’il n’y est pas); 
• La nécessité de se prendre en photo avec son bulletin de vote pour 
prévenir la fraude. 
 
Comme montré dans la Figure 12, nous avons observé une augmentation des discours liés à 
la fraude électorale lors des moments clés de l’élection, incluant le début du vote par 
anticipation, lors de la soirée électorale et dans les jours suivants l’élection. Notamment, la 
période de vote par anticipation a donné lieu à des discussions en ligne sur l’utilisation du 
crayon de plomb pour voter. Alors que plusieurs internautes appelaient à voter à l’aide d’un 
stylo afin d’éviter que son vote soit altéré, le Parti conservateur et son chef Éric Duhaime ont 
cru bon d’intervenir afin de rappeler aux électeurs que leur vote pourrait être rejeté s’ils 
n’utilisaient pas le crayon fourni par Élections Québec (voir Figure 13). Ce rappel semble 
avoir eu un certain effet d’apaisement de la mésinformation puisque, suite à cette 
publication, les mentions du crayon de plomb sur les médias sociaux visaient davantage à 
dissuader les citoyens à voter à l’aide d’un stylo que le contraire (à l’exception de certains 
messages satiriques sur le sujet).  
 
 
 
 
 
 
Figure 13. Tweet du chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime rappelant 
aux électeurs de ne pas utiliser un stylo au moment de voter 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
43 
 
 
Une autre tendance inquiétante que nous avons observée durant toute la période électorale 
était liée à une volonté de discréditer le vote des personnes âgées en raison notamment de 
leur forte tendance à appuyer la Coalition Avenir Québec. Plusieurs publications suggéraient 
que l’on devrait retirer le droit de vote aux citoyens à partir d’un certain âge, notamment 
parce qu’ils ne vivraient pas les conséquences à long terme de leur vote et n’auraient donc 
pas la « légitimité » de décider des politiques de demain. Certains internautes bénéficiant de 
larges auditoires ont laissé entendre que les résidents des résidences pour personnes âgées 
(RPA) et des CHSLD, notamment ceux en perte d’autonomie ou souffrant de troubles 
cognitifs, avaient été manipulés par le personnel soignant, des bénévoles de la CAQ ou des 
employés d’Élections Québec afin qu’ils appuient la Coalition Avenir Québec. 
Lors de la soirée de l’élection, l’annonce rapide de la réélection d’un gouvernement de la CAQ 
majoritaire, soit moins de 10 minutes après la fermeture des bureaux de vote, a été 
récupérée pour justifier les allégations que l’élection était truquée. Plusieurs internautes 
suggéraient qu’il était impossible que les votes soient comptés en si peu de temps et 
demandaient un recomptage. Cette situation est partiellement due à un manque de 
connaissance, lequel pouvait même toucher certains travailleurs électoraux, à l’effet que le 
décompte des votes par anticipation peut débuter à 18h, avant la fermeture officielle des 
bureaux de vote. L’annonce rapide par les médias de la réélection d’un gouvernement de la 
Coalition Avenir Québec s’expliquait donc, en grande partie, par la disponibilité et la capacité 
de diffuser les résultats du vote par anticipation à 20h.  
Le fait que CityNews ait maladroitement créé la page d’un direct intitulé « François Legault 
victory speech » et ayant pour description « CAQ leader François Legault makes his victory 
speech in Quebec City after winning a second majority on Oct. 3, 2022 » avant la fermeture 
des bureaux de vote a également alimenté les allégations que le résultat de l’élection était 
arrangé et connu d’avance (voir Figure 14). Des pages ont aussi été créées à l’avance pour les 
autres parties, celles-ci annonçant (probablement sur la base des derniers sondages 
électoraux) 30 minutes avant la fermeture des bureaux de vote que les Libéraux formeraient 
l’opposition officielle et que Québec Solidaire finirait en troisième place. D’autres 
organisations ont aussi publié, peu de temps avant la fermeture des bureaux de vote, des 
articles dont le titre pouvait laisser croire à l’annonce de résultats électoraux, ceux-ci 
s’appuyant sur des données de sondage pour affirmer que certains candidats étaient « en 
bonne position ». 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
44 
 
 
 
Figure 14. Page partagée par CityNews avant la fermeture des bureaux de vote 
alimentant les allégations de fraude électorale 
 
Dans les jours suivant l’élection, certaines figures conspirationnistes connues ont récolté les 
témoignages des internautes sur de prétendues « anomalies » dont ils auraient été témoins 
durant la campagne. Bien que rien ne laisse croire que l’intégrité de l’élection ait été menacé 
et qu’Élections Québec ait activement démenti l’existence ou l’influence de telles anomalies, 
notamment sur les médias sociaux, les éléments inclus dans ces témoignages ainsi que 
d’autres théories infondées — incluant l’idée que la Coalition Avenir Québec aurait acheté des 
données de Facebook afin de faire retirer de la liste électorale ou de supprimer le vote de 
ceux qui se seraient montrés critiques envers le parti et sa gestion de la pandémie — ont été 
utilisés pour suggérer l’existence de fraude électorale massive et faire pression sur le Parti 
conservateur du Québec afin qu’il demande une enquête sur le sujet. Le chef du parti, Éric 
Duhaime, a refusé de le faire et, comme il l’avait fait durant la campagne en répétant qu’il 
avait confiance dans le processus démocratique et reconnaîtrait les résultats du 3 octobre, a 
contribué à calmer le jeu plutôt que d’alimenter ces allégations.  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
45 
 
 
Évaluation de la confiance du public dans l’intégrité du 
processus électoral 
Bien que ces discours aient circulé de manière importante au sein de certaines 
communautés en ligne, ils ont trouvé peu d’appui auprès du grand public. Les données de 
notre sondage montrent que la majorité des citoyens ne croient pas que la fraude électorale 
ait eu une influence sur le résultat de l’élection et ont confiance dans l’intégrité du processus 
électoral. En effet, comme le montre la Figure 15, près de la moitié des répondants 
questionnés après l’élection pensent que la fraude électorale n’a eu absolument aucun effet 
sur le résultat de l’élection et environ un tiers des répondants pensent que celle-ci a eu 
« peu » d’influence sur le résultat. Dans l’ensemble, moins d’un Québécois sur cinq (17,3 %) 
pense que la fraude électorale a eu « un peu » ou « beaucoup » d’influence sur le résultat de 
l’élection. De même, plus de 70 % des répondants ont indiqué avoir confiance dans les 
résultats de l’élection (72 %), avoir confiance que l’élection a été administrée équitablement 
et que les votes ont été comptés correctement (73 %) et croire qu’Élections Québec a 
administré l’élection « assez équitablement » ou « très équitablement » (83 %). Ces 
pourcentages sont similaires à ceux observés lors de l’élection fédérale canadienne de 2021, 
ainsi que lors des élections précédentes.xliv Il est par ailleurs important de noter que 
l’influence perçue de la fraude électorale a significativement diminué après l’élection. Durant 
la campagne, 31 % des répondants considéraient que la fraude électorale n’aurait « pas du 
tout » d’influence sur le résultat de l’élection, alors que 49 % des répondants ont indiqué 
croire que la fraude électorale n’a pas eu d’influence après l’élection. Les données suggèrent 
que cette diminution n‘est pas concentrée au sein d‘un parti en particulier.  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
46 
 
 
 
Figure 15. Influence anticipée ou perçue de la fraude électorale sur le résultat 
de l’élection pendant la campagne et après l’élection 
 
Bien que le niveau de confiance général demeure élevé, on observe des différences 
importantes entre les partis, alors que 14 % des partisans du Parti conservateur du Québec 
dans notre sondage ont indiqué croire que la fraude électorale a eu « beaucoup » d’influence 
sur le résultat de l’élection (comparativement à entre 2 et 7 % chez les partisans des autres 
partis) et 30 % ont indiqué ne pas avoir confiance dans le résultat de l’élection 
(comparativement à entre 5 et 15 % chez les partisans des autres partis). Au-delà d’un 
manque général de confiance envers les institutions politiques, cette méfiance pourrait 
notamment être alimentée par une insatisfaction importante par rapport au résultat de 
l’élection, nos données montrant que 80 % des partisans du Parti conservateur sont 
insatisfaits du résultat, un pourcentage plus élevé que celui observé parmi les partisans des 
autres partis d’opposition. Cela dit, il est important de noter que, même au sein des partisans 
du Parti conservateur, la proportion de citoyens ayant confiance dans les résultats de 
l’élection et croyant que la fraude électorale n’a pas eu d’influence sur l’élection est plus 
élevé que la proportion de partisans croyant l’inverse. 
31.1%
39.0%
20.8%
9.1%
48.9%
33.8%
12.1%
Beaucoup d'influence
Un peu d'influence
Peu d'influence
Pas d'influence du tout
0%
10%
20%
30%
40%
50%
Période
Campagne électorale
Post−élection
Pourcentage de répondants


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
47 
 
 
Faible connaissance du processus électoral et confiance 
dans l’intégrité de l’élection 
La mésinformation qui a circulé en lien avec le processus électoral ne reflétait pas 
nécessairement toujours des croyances profondes, mais dénotait aussi un manque de 
connaissances à l’égard du processus électoral. Notre sondage préélectoral montre, par 
exemple, que 44 % des Québécois croyaient qu’il serait permis de voter par correspondance 
à tous les Québécois qui en font la demande, alors qu’à peine un Québécois sur cinq savait 
que cela ne serait permis qu’à certaines catégories d’électeurs, dont ceux étant à l’étranger, 
atteints de la COVID-19 ou immunosupprimés. Similairement, à peine la moitié des électeurs 
(53 %) savent que tous les votes sont comptés à la main lors des élections québécoises. 
Étonnamment, les électeurs ne sont pas devenus mieux informés à mesure que la campagne 
a progressé, le pourcentage de bonnes réponses n’étant pas significativement plus élevé lors 
de la deuxième moitié de la campagne que lors de la première.  
Les données suggèrent néanmoins que des campagnes d’éducation visant à améliorer la 
connaissance du processus électoral pourraient potentiellement permettre d’augmenter la 
confiance envers le processus électoral chez certains segments de l’électorat. Comme 
montré dans la Figure 16, la confiance dans les résultats de l’élection est significativement 
moins élevée chez ceux qui croient que des machines sont utilisées pour compter les votes 
(51 %) que chez ceux qui savent que l’ensemble des votes sont comptés à la main (78 %). 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Figure 16. Pourcentage estimé de Québécois ayant confiance envers le résultat de 
l’élection en fonction de la perception de comment les votes sont comptabilisés  
 
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
À la main
À l'aide de machines
Les deux
Ne sais pas
Perception de comment les votes sont comptés
Pourcentage ayant confiance dans le résultat
Pourcentages pondérés basés sur 1546 observations provenant du sondage post−électoral.


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
48 
 
 
05. Méfiance à l’égard des 
médias et des sondages 
 
 
Les médias et les sondages ont été l’objet de nombreuses critiques en ligne 
durant la campagne. Évidemment, les critiques à l’égard des médias et des 
sondages peuvent parfois être légitimes et il est tout à fait possible de faire de 
telles critiques sans qu’il soit question de mésinformation.  
 
Cela dit, nous avons cru bon d’inclure une section sur le sujet pour deux raisons. D’abord, 
alors que nous vivons dans une époque où des étiquettes comme « mésinformation », 
« désinformation » et « fausses nouvelles » ont été politisées et où différents projets 
politiques s’opposent pour définir ce qui constitue de la mésinformationxlv, certains 
segments de l‘électorat voyaient les médias traditionnels et les firmes de sondages comme 
étant parmi les principales sources de désinformation durant la campagne. Deuxièmement, 
les médias et firmes de sondages faisaient partie des entités impliquées dans les théories du 
complot circulant en lien avec l’élection, plusieurs internautes mentionnant l‘existence de 
tractations secrètes ayant pour but d’assurer la réélection du gouvernement.  
Méfiance à l’égard des médias 
Durant la campagne, plusieurs blogueurs, médias alternatifs et internautes ont dénoncé une 
couverture biaisée des différents chefs de partis de la part des médias. Dans certaines 
communautés en ligne, les médias traditionnels étaient fréquemment accusés d’être à la 
solde du gouvernement en place. Selon certains, les médias s’abstiendraient de critiquer la 
gestion du gouvernement ou la Coalition Avenir Québec en général en raison de l’aide 
financière qu’ils reçoivent, laquelle contribuerait à une diminution de l’indépendance 
journalistique.  
Certains internautes ont également tenté de démontrer l’existence de liens entre certaines 
entreprises de presse et la Coalition Avenir Québec. En guise d’exemple, plusieurs ont 
argumenté que le fait que Pierre-Karl Péladeau ait été fait officier de l’ordre national du 
Québec en juin 2022 témoigne du lien entre Québecor et la CAQ, de même que la tendance 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
49 
 
 
présumée de cette entreprise de presse à « suivre la ligne de parti ». Des extraits du reportage 
d’Enquête réalisé par Radio-Canada en 2011xlvi, dans lequel certains employés dénonçaient 
une ligne éditoriale partisane, ont été repartagés plusieurs centaines de fois, notamment sur 
Twitter et Reddit.  
Dans un même ordre d’idée, plusieurs médias alternatifs, influenceurs et citoyens ont 
dénoncé une présumée tendance des médias à s’acharner contre le Parti conservateur et son 
chef Éric Duhaime (il est à noter que des reproches contraires ont aussi été observés, certains 
citoyens de la région de Québec reprochant une complaisance de CHOI à l’endroit d’Éric 
Duhaime et du Parti conservateur). La publication d’éditoriaux suggérant qu’Éric Duhaime 
encourage la violence, l’attention trop importante portée aux taxes municipales et scolaires 
qu’il aurait omis de payer et le temps d’antenne inégal entre les chefs de partis ont 
notamment été cités par ceux dénonçant une couverture médiatique biaisée. L’annonce 
rapide de la victoire majoritaire de Coalition Avenir Québec le 3 octobre était, pour plusieurs 
internautes, la confirmation de l’existence d’un complot entre le gouvernement, les médias 
et l’administration électorale. 
Ces discours semblent avoir trouvé une certaine résonnance auprès de l’électorat. Comme 
mentionné dans la section Perceptions des Québécois sur l’enjeu de la mésinformation, 
certains segments de l’électorat tendent à pointer du doigt les « médias subventionnés » 
lorsqu’on leur demande d’identifier la mésinformation à laquelle ils ont été exposés durant la 
campagne. Dans le cadre du sondage, nous avons demandé aux répondants dans quelle 
mesure ils croyaient que le résultat de l’élection a été influencé par une couverture 
médiatique biaisée. Comme illustré dans la Figure 17, une forte majorité des partisans du 
Parti conservateur (70,7 %) croient que la couverture médiatique biaisée a eu « beaucoup 
d’influence » sur le résultat de l’élection, une proportion largement supérieure à celle 
observée chez les partisans des autres partis (entre 13,2 % et 26 %).  


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
50 
 
 
  
Figure 17. Influence perçue de la couverture médiatique biaisée sur le résultat de 
l’élection en fonction du choix électoral 
 
Malgré les éléments soulevés dans cette section, il est important de noter que la confiance 
envers les médias demeure élevée dans la population en générale, alors que 79 % des 
répondants affirment avoir « beaucoup confiance » ou « assez confiance » envers les médias 
traditionnels en tant que source d’information politique. 
Méfiance à l’égard des sondages 
Durant la campagne, plusieurs acteurs ont dénoncé une présumée tendance des firmes de 
sondage, principalement Léger, à (volontairement) sous-estimer les intentions de vote pour 
le Parti conservateur du Québec. La firme Léger a été présentée comme faisant partie d’un 
complot avec les médias et le gouvernement, en raison notamment du fait que Jean-Marc 
Léger siège au conseil d’administration du Groupe TVA et qu’il est listé (avec Charles Sirois, 
co-fondateur de la CAQ) parmi les experts de l’Institut de leadership, une organisation visant 
15.2%
8.7%
13.5%
8.5%
28.6%
8.5%
34.6%
35.7%
30.9%
39.2%
18.5%
32.3%
33.5%
32.0%
14.2%
70.7%
19.6%
13.2%
26.0%
Parti conservateur
du Québec
Parti Québécois
Québec Solidaire
Parti libéral
du Québec
Coalition Avenir
Québec
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Beaucoup
d'influence
Un peu
d'influence
Peu
d'influence
Pas d'influence
du tout
Ne sais pas
Proportion de répondants ayant choisi chaque option


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
51 
 
 
à former des gestionnaires. Il n’est pas spécifié comment le fait que deux individus ait 
participé à la formation de gestionnaires pour une organisation est une preuve de collusion.    
 
 
Figure 18. Modification informatique d’une pancarte électorale de la CAQ laissant 
entendre que le président de la firme Léger est lié au parti 
 
Ce discours a été alimenté par la dissemblance entre un sondage de Léger publié le 24 août et 
qui plaçait le Parti conservateur au quatrième rang à 14 % et un sondage de Mainstreet 
publié le 27 août et plaçant le Parti conservateur au deuxième rang à 21 % (il est intéressant 
de noter que Mainstreet a revu les intentions de vote du Parti conservateur à la baisse à 18 % 
le lendemain). Pour plusieurs internautes, cette différence était la preuve que les sondages 
Léger étaient biaisés. 
Plusieurs internautes se sont basés sur une comparaison des foules lors des rassemblements 
des chefs de partis ou sur des sondages alternatifs diffusés dans leur réseau (voir Figure 19) 
pour suggérer que le Parti conservateur serait en tête dans les intentions de vote ou que 
l’élection serait beaucoup plus serrée que ce que les firmes de sondage traditionnelles 
laissaient entrevoir. Naturellement, un sondage partagé au sein d’un réseau d’individus 
partageant des opinions politiques similaires surestime les intentions de vote à l’égard du 
parti soutenu. 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
52 
 
 
 
 
Figure 19. Sondage publié sur la plateforme Twitter plaçant le Parti conservateur 
du Québec comme étant largement en tête dans les intentions de vote 
 
Dans une vidéo publiée le 29 août, une figure conspirationniste connue a demandé au 
Directeur général des élections d’enquêter sur les liens entre la Coalition Avenir Québec et la 
firme Léger. S’en est suivi une initiative citoyenne sur Facebook, Twitter et Telegram invitant 
à porter plainte à Élections Québec, qui n’a pas juridiction sur les sondages électoraux, en se 
basant sur l’argument selon lequel les sondages de Léger constitueraient une dépense 
électorale pour la Coalition Avenir Québec. Plusieurs dizaines d’internautes ont indiqué en 
commentaire avoir porté plainte, certains joignant des captures d’écran confirmant la 
réception de ladite plainte par Élections Québec. 
Comme détaillé dans la section Circulation de nouvelles vraies et fausses, nous avons 
demandé aux répondants s’ils avaient été exposés et s’ils croyaient en la véracité de la 
nouvelle suivante : « Les grandes firmes de sondages publient des résultats biaisés afin 
d'influencer le résultat de l'élection. » Il y a des limites évidentes à mesurer les perceptions 
que les sondages sont biaisés en questionnant les répondants à un sondage. Cela dit, les 
résultats présentent tout de même certaines tendances intéressantes, telles que montrées 
dans la Figure 20. Cette dernière montre la proportion de répondants ayant été exposés et 
croyant l’histoire sur les sondages biaisés. La partie gauche de la figure présente les 
statistiques à cet égard parmi l’ensemble des répondants, alors que la partie droite de la 
figure présente la proportion de répondants croyant l’histoire seulement parmi ceux 
affirmant y avoir été exposés. 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
53 
 
 
Le premier élément important à noter est le taux très élevé d’exposition et de véracité perçue 
de l’histoire chez les électeurs du Parti conservateur. En effet, près de 50 % de ceux-ci ont 
indiqué avoir vu, lu ou entendu parler du fait que les firmes de sondages publient des 
résultats biaisés afin d’influencer l’élection durant la campagne. Près de la moitié des 
partisans de ce parti ont aussi indiqué croire que cette information était vraie, incluant 74 % 
de ceux ayant préalablement été exposés à cette information, une proportion largement 
supérieure à celle observé chez les électeurs des autres partis. Parmi les répondants exposés, 
près d’un électeur sur deux de Québec solidaire et du Parti Québécois croient l’histoire, mais 
la proportion d’électeurs de ces deux partis ayant été exposée est très basse. Finalement, le 
taux de véracité perçue de l’histoire est particulièrement bas chez les électeurs de la 
Coalition Avenir Québec et du Parti libéral du Québec. 
 
Figure 20. Volume d'exposition et de véracité perçues de l’histoire sur les 
sondages biaisés par parti politique 
 
Suite à l’élection, il est intéressant de souligner que les derniers sondages électoraux ont été 
assez précis dans leur estimation des intentions de vote et que la firme Léger a été parmi les 
plus précises, estimant le vote pour chacun des partis avec un écart de moins de trois points 
de pourcentage.xlvii Il est aussi à noter qu‘il n‘y a pas de consensus scientifique à savoir dans 
quelle mesure l‘exposition aux sondages électoraux peut influencer la probabilité d‘aller 
voter ou de changer son choix électoral.xlviii  
46.8%
20.3%
16.5%
45.1%
22.8%
16.4%
Parti conservateur
du Québec
Parti Québécois
Québec Solidaire
Parti libéral
du Québec
Coalition Avenir
Québec
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Tous les répondants
20.3%
74.0%
15.6%
44.0%
46.2%
Parti conservateur
du Québec
Parti Québécois
Québec Solidaire
Parti libéral
du Québec
Coalition Avenir
Québec
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Répondants exposés
Exposition à l'histoire
Croit l'histoire
Pourcentage de répondants


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
54 
 
 
6. Les enjeux 
 
 
 
 
Comme plusieurs études l’ont démontré, la pensée conspirationniste constitue 
une disposition psychologique, de sorte que ceux qui ont tendance à adhérer 
aux théories du complot sur un enjeu sont beaucoup plus susceptibles d’aussi 
croire les théories du complot sur d’autres enjeux. Ainsi, nous observons un 
lien important entre le fait de penser qu’il y a eu de la fraude électorale, le fait 
d’adhérer aux théories du complot sur la COVID-19 et les vaccins, et le fait de 
croire qu’il n’y a pas de consensus scientifique sur le réchauffement 
climatique.  
 
Par exemple, 40 % de ceux qui croient que la fraude électorale a un peu ou beaucoup 
d’influence sur le résultat de l’élection croient qu’il n’y a pas de consensus scientifique sur le 
réchauffement climatique, 36 % croient que la vaccination de masse contre la COVID-19 plus 
de plus de problèmes pour la santé que le virus lui-même et 44 % croient que le 
gouvernement cache des informations sur des traitements qui aideraient à prévenir et guérir 
la COVID-19. Ces pourcentages sont largement supérieurs à ceux observés chez ceux qui ne 
croient pas que la fraude électorale ait influencé l’élection, soit respectivement 20 % pour les 
changements climatiques, 8 % pour les vaccins et 11 % pour les remèdes cachés. 
La COVID-19 : Entre bilan, mésinformation et 
spéculations 
L’élection de 2022 était la première élection provinciale québécoise depuis le début de la 
pandémie de COVID-19. Considérant à quel point ces deux années de pandémie ont marqué 
l’imaginaire collectif, il apparaissait inévitable que le COVID-19 fasse partie des discussions 
et des sujets de mésinformation durant l’élection, et ce, malgré le fait que l’essentiel des 
mesures sanitaires ne soient plus en vigueur. Néanmoins, la pandémie a occupé une place 
relativement modeste dans les débats des chefs, les discours des partis et la couverture 
médiatique de la campagne, du moins jusqu’à la publication de l’enquête de Radio-Canada 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
55 
 
 
sur le rôle joué par la firme McKinsey dans la gestion de la pandémie au Québec. Nous avons 
identifié trois thèmes principaux de discussions en lien avec la COVID-19 en ligne.  
D’abord, les discussions en lien avec la COVID-19 ont beaucoup tourné autour de la gestion 
de la pandémie par le gouvernement de la Coalition Avenir Québec. La maltraitance des 
personnes âgées et le bilan dans les CHSLD ont été des sujets de discussion importants parmi 
certaines communautés, notamment en raison de la publication du documentaire CHSLD : Je 
me souviens, blâmant sévèrement le gouvernement pour les décès et la maltraitance dans les 
CSHLD durant la pandémie, ainsi que la campagne des macarons de la dignité, distribués à la 
mémoire des aînés ayant perdu la vie dans les CHSLD durant la pandémie. Il est à noter que 
le documentaire inclut plusieurs affirmations fausses ou trompeuses, concernant 
notamment le fait que la pandémie aurait été « planifiée » ou l’interdiction de « traitements 
éprouvés » par les gouvernements. Dans les sphères très critiques du bilan de la Coalition 
Avenir Québec, incluant les partisans du Parti conservateur, plusieurs ont dénoncé le peu 
d’attention accordé à la COVID-19 et à ce bilan dans les médias et durant les débats des chefs. 
Dans notre sondage, nous avons demandé aux Québécois s’ils croient que l’enjeu de la 
COVID-19 a été trop, juste assez ou pas assez abordé durant la campagne. Près de 40 % 
(37,4 %) des partisans du Parti conservateur ont indiqué que l’enjeu de la COVID-19 n’avait 
pas été assez abordé, comparativement à moins de 20 % des partisans des autres partis. 
Ensuite, la mésinformation qui circule depuis 2020 en lien avec la pandémie et la vaccination 
a continué de circuler durant la campagne, en établissant parfois des liens avec les acteurs 
politiques québécois. L’un des discours fréquents accusait François Legault d’avoir mis la vie 
des Québécois en danger en les incitant à s’injecter un vaccin « expérimental » ou « non 
testé ». Ces perceptions négatives à l’égard du vaccin continuent d’être partagées par un 
nombre non négligeable de Québécois. Les données de notre sondage montrent, par 
exemple, que 15 % des Québécois croient que l’énoncé selon lequel « La vaccination de 
masse contre la COVID-19 cause plus de problèmes de santé que le virus lui-même » est 
« Probablement vrai » ou « Définitivement vrai ». L’adhésion à cet énoncé est 
particulièrement élevée parmi ceux qui indiquent ne pas avoir confiance dans les 
scientifiques (56 %) et ceux qui appuient le Parti conservateur du Québec (49 %).  
Finalement, la campagne a donné lieu à des spéculations sur les mesures qui pourraient être 
mises en place advenant la réélection d’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec. 
Durant la campagne, certains cercles dénonçaient les mesures jugées drastiques ayant été 
mises en place durant la pandémie, incluant le confinement, le couvre-feu et le passeport 
vaccinal. Plusieurs prédisaient qu’une réélection de la Coalition Avenir Québec serait suivie 
d’un retour de ces mesures sanitaires jugées extrêmes, alors que d’autres suggéraient que 
des mesures beaucoup plus drastiques seraient mises en place, incluant l’utilisation de 
camps de concentration pour les personnes ayant le COVID-19 ou étant réticentes à la 
vaccination. Ces discours reflètent une perception que le gouvernement cherche des 
prétextes pour « contrôler les populations ». Au cours de la période électorale, on a observé 
une tendance dans certaines communautés en ligne à associer le gouvernement à une 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
56 
 
 
dictature ou un régime fasciste, certains l’accusant d’utiliser la pandémie afin de mettre en 
place des pratiques autoritaires, comme illustré dans la Figure 21. Présentée dans ce 
contexte, la désinformation partagée se présentait comme soi-disant révélatrice d’abus de 
pouvoir et se voulait protectrice face à l’implantation d’une « dictature sanitaire ». 
  
Figure 21. Tweet suggérant qu’étant donnée sa gestion de la pandémie, le 
gouvernement de François Legault ne pourrait être réélu sans fraude électorale 
 
 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
57 
 
 
De manière plus générale, la pandémie de COVID-19 a contribué à la création et à 
l’organisation de communautés aux tendances conspirationnistes en ligne. Il n’est 
maintenant pas rare de voir certaines figures conspirationnistes s’inviter mutuellement dans 
leurs directs ou podcasts, lesquels rejoignent parfois plusieurs milliers d’auditeurs. Une part 
importante de la mésinformation ayant circulé durant la campagne, qu’elle soit liée ou non à 
la pandémie, provenait d’un nombre limité d’acteurs principaux provenant de ces 
communautés réticentes face aux mesures sanitaires et à la vaccination contre la COVID-19. 
Les changements climatiques 
Les changements climatiques ont été parmi les enjeux les plus discutés et jugés les plus 
importants (parmi les trois enjeux les plus importants avec la santé et le coût de la vie selon 
notre sondage) par les électeurs durant l’élection. Le 23 septembre, plusieurs marches pour 
le climat ont d’ailleurs été organisées à travers le Québec et à travers le monde dans le cadre 
du mouvement Fridays for Future, une initiative lancée par la militante écologiste Greta 
Thunberg. Puis, le 24 septembre, la tempête post-tropicale Fiona a touché terre dans l’Est-
du-Québec, causant d’importants dommages aux Îles-de-la-Madeleine et menant l’ensemble 
des chefs de partis à suspendre temporairement leur campagne. 
Malgré le fait qu’une forte majorité des Québécois croit en l’existence des changements 
climatiques et appuie la mise en place de mesures pour y faire face, certains segments de 
l’électorat continuent de croire qu’il n’existe pas de consensus scientifiques sur les 
changements climatiques (21,5 % selon notre sondage) ou que les changements climatiques 
constituent un prétexte afin de permettre aux élites d’appauvrir ou de contrôler la 
population.  
Certaines communautés en ligne ont accusé les médias et certains partis politiques, dont 
Québec Solidaire, d’alimenter un climat de peur sur les changements climatiques, se 
moquant notamment du fait que les changements climatiques soient pointés du doigt pour 
un ensemble de phénomènes météorologiques (dont l’ouragan Fiona) et d’enjeux de santé 
publique. Au sein de ces communautés, les changements climatiques sont souvent présentés 
comme un outil de contrôle social, qui est parfois associé à un prétendu agenda caché du 
Forum économique mondial ou de l’ONU. Plusieurs internautes ont suggéré qu’un passeport 
climatique inspiré du passeport vaccinal, voire un système de crédit social, serait mis en 
place afin de traquer la consommation de chaque individu et de la réguler. Pour résumer les 
discours sur ce système de crédit social, l’accès à certains biens et services, voire l’argent 
dont disposeraient les individus seraient déterminés en fonction de leur « bonne conduite 
environnementale », laquelle pourrait être mesurée grâce à l’identité numérique. Ces 
discours sont illustrés par la Figure 22. Ce système servirait notamment à s’assurer que les 
individus ne possèdent rien, à contrôler leurs déplacements et à imposer certains 
comportements, dont la consommation d’insectes. Ces discours ont été le plus souvent tenus 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
58 
 
 
en réaction aux promesses environnementales de Québec Solidaire, mais aussi parfois 
associés à la réélection de la Coalition Avenir Québec. 
  
 
Figure 22. Tweet illustrant les discours sur l’instrumentalisation de la crise 
climatique à des fins de contrôle des populations 
 
Bien que cette mésinformation ait été observée pendant la campagne électorale, elle n’est pas 
spécifique aux élections québécoises. En effet, ces discours, incluant l’idée qu’un passeport 
climatique serait mis en place pour contrôler les populations, circulent également dans 
d’autres pays, dont la France. Comme il a été documenté ailleurs, une grande partie de la 
mésinformation circulant au Québec, notamment sur l’enjeu des changements climatiques, 
est issue de discours transnationaux et reflète un phénomène global de méfiance envers les 
élites politiques et économiques nationales et internationales.xlix 
 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
59 
 
 
07. Conclusions et recommandations  
 
 
 
 
 
 
Le Projet visait à examiner la propagation et l’influence de la mésinformation 
lors de l’élection provinciale québécoise de 2022. Bien que la mésinformation 
ait été bien présente sur les réseaux sociaux durant la campagne électorale, 
nos observations suggèrent qu’elle est, la plupart du temps, demeurée 
concentrée au sein de certaines communautés en ligne et a eu peu d’influence 
sur le résultat de l’élection.  
 
À l’exception d’une déclaration erronée du ministre sortant de l’Immigration, qui a été 
largement médiatisée, le Québécois moyen a été relativement peu exposé à la 
mésinformation ayant circulé au cours de la campagne. Cette lecture semble partagée par les 
citoyens. Bien qu’ils soient significativement plus nombreux à croire qu’ils ont été exposés à 
de la mésinformation comparativement à l’élection fédérale de 2021, ils ne sont pas pour 
autant plus susceptibles de croire que la mésinformation a posé un problème sérieux durant 
l’élection.  
La mésinformation ayant circulé sur les médias sociaux durant la campagne concernait 
principalement la COVID-19 et l’intégrité du processus électoral. Cette mésinformation a 
souvent une dimension internationale, s’inspirant des narratifs circulant dans d’autres pays. 
La mésinformation propagée sur ces deux sujets, mais également d’autres sujets comme les 
changements climatiques, provenait souvent des mêmes individus et communautés, dont les 
discours en ligne dénotent une méfiance importante à l’égard du gouvernement et des 
médias. Cette communauté, qui a pris son essor et s’est organisée dans le contexte de la 
pandémie, est structurée autour de certains leaders connus, qui collaborent parfois dans la 
création de contenu ou l’organisation d’événements. Ces connexions font en sorte que la 
mésinformation arrive parfois en vague. En effet, le fait qu’une figure de proue du 
mouvement commence à aborder un sujet semble inciter d’autres à le faire. Cette 
communauté, plus organisée qu’auparavant, permet à la mésinformation de se propager 
rapidement et à grande échelle à l’intérieur du réseau, les publications et vidéos rejoignant 
parfois plusieurs milliers de Québécois. La mésinformation semble toutefois avoir peu 
d’écho à l’extérieur de cette communauté.  


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
60 
 
 
Malgré le fait que la plupart des Québécois soient relativement peu influencés par la 
mésinformation, il semble exister une certaine confusion dans le public par rapport à ce qui 
constitue de la mésinformation et dans quelle mesure ils y sont exposés. Près de la moitié 
des Québécois interrogés trouvent difficile de distinguer la mésinformation de l’information 
factuelle et sont incertains s’ils ont été exposés à de la mésinformation durant la campagne. 
Lorsqu’ils croient être exposés à de la mésinformation, les citoyens ont une conception très 
différente de ce qu’elle constitue, certains considérant, par exemple, qu’elle vient 
principalement des médias traditionnels et des discours officiels sur la COVID-19.  
Bien que les médias traditionnels demeurent la principale source d’information d’une 
majorité de Québécois, on semble observer une certaine diversification des sources 
d’information politique. Alors que la principale différence entre les générations semblait 
autrefois concerner le fait d’utiliser ou ne pas utiliser les médias sociaux, on observe 
aujourd’hui des différences générationnelles importantes en ce qui a trait aux plateformes 
utilisées. TikTok a notamment connu un essor fulgurant au cours des deux dernières années 
et constitue maintenant une source d’information politique importante chez les moins de 25 
ans, alors qu’elle compte relativement peu d’utilisateurs chez les générations plus âgées. 
Cette plateforme a été une source non négligeable de fausses informations durant la 
campagne et pose certains défis particuliers liés notamment à la puissance de son 
algorithme et au fait que le contenu sur la plateforme tend à combiner des éléments auditifs, 
visuels et textuels, ce qui peut rendre la modération de contenus plus difficile. Il est à noter 
que la diversification des plateformes affecte aussi les producteurs de contenu, la 
modération sur les plateformes les plus utilisées ayant incité certaines figures du 
mouvement conspirationniste à se tourner vers des plateformes alternatives telles que 
Rumble, Odysee et Telegram. 
Les préoccupations sur le rôle des fausses informations lors des élections ne datent pas 
d’hier. Les médias vérifient depuis plusieurs années certaines affirmations des candidats et 
éléments de programme des partis et il y a longtemps que les partis s’accusent les uns les 
autres de déformer la vérité. Ce qui peut sembler différent lors de l’élection provinciale 
québécoise de 2022 est le fait que le Parti conservateur du Québec ait été présenté, à tort ou à 
raison, comme l’incarnation de cette mésinformation. Cette situation peut s’expliquer en 
partie par certains discours et candidatures du parti, qui mobilisent les citoyens ayant un 
haut degré de cynisme et de méfiance envers le gouvernement et les médias. Cela dit, elle 
semble aussi, voire principalement, découler du fait qu’une proportion plus importante de 
ceux qui appuient le parti croient et partagent de fausses informations sur un ensemble de 
sujets, dont la COVID-19, les changements climatiques, et l'intégrité de l’élection. Cette 
situation occasionne parfois une coupure entre le discours de certaines franges plus 
radicales faisant la promotion du parti sur les réseaux sociaux et les positions officielles du 
Parti, qui a notamment réitéré à maintes reprises sa confiance dans le processus 
démocratique.


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Recommandations 
Mieux éduquer les citoyens sur le processus électoral 
Le rapport a montré que les citoyens ont un faible niveau de connaissances sur 
le processus électoral, par exemple sur la manière dont les votes sont comptés, 
ce qui peut augmenter leur susceptibilité face aux fausses informations 
circulant en ligne et diminuer leur confiance envers l’intégrité de l’élection. 
Nous recommandons donc à Élections Québec et aux autres organismes de la 
société civile faisant de l’éducation civique de renforcer leurs efforts visant à 
éduquer les citoyens sur le processus électoral.  
Éviter les formulations qui laissent croire à la diffusion de 
résultats avant la fermeture des bureaux de vote 
Le soir de l’élection, certaines organisations médiatiques ont créé à l’avance les 
pages où seraient diffusés les discours des chefs de chacun des partis, 
présupposant avant la fermeture des bureaux de vote que le gouvernement de 
la Coalition Avenir Québec serait réélu, que le Parti libéral formerait le premier 
groupe d’opposition et que Québec Solidaire finirait troisième. D’autres 
organisations ont aussi publié, peu de temps avant la fermeture des bureaux de 
vote, des articles dont le titre pouvait laisser croire à l’annonce de résultats 
électoraux, ceux-ci s’appuyant sur des données de sondage pour affirmer que 
certains candidats étaient « en bonne position ». Ces publications ont alimenté 
les discours selon lesquels l’élection était « arrangée » et le résultat connu 
d’avance. Nous encourageons les médias à s’abstenir de faire des publications 
pouvant laisser croire à l’annonce de résultats électoraux avant la fermeture 
des bureaux de vote.  
Prendre au sérieux la méfiance grandissante envers les 
institutions politiques, médiatiques et scientifiques 
Le présent rapport montre que certains segments de l’électorat sont 
particulièrement méfiants à l’égard des médias traditionnels, qu’ils identifient 
comme une source importante de mésinformation. Cette conclusion s’inscrit 
en continuité avec celles présentées dans le rapport annuel de l’Institut Reuters 
pour l’étude du journalisme qui montre que la confiance envers les médias a 
atteint, en 2022, son plus bas niveau depuis que ces données sont collectées au 
Canada. Cette méfiance, tout comme celle à l’égard des institutions politiques 
et des scientifiques, lesquels sont parfois présentés comme parties prenantes 
dans un grand complot, rend certains individus plus susceptibles de s’informer 
principalement par l’entremise de sources alternatives d’information – 
lesquelles n’adhèrent pas nécessairement aux mêmes principes d’intégrité 
1 
2 
3 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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journalistique ou scientifique – et de croire et propager de fausses 
informations. Toute réponse sérieuse et à long terme face à l’enjeu de la 
mésinformation devra s’attarder aux sources de cette méfiance, mais aussi 
éviter de l’alimenter. 
Exiger davantage de transparence et de responsabilité de la 
part des plateformes de médias sociaux 
La propagation à grande échelle de mésinformation, de discours polarisants, 
voire de menaces ou autres formes de discours haineux sur les médias sociaux 
pose un danger réel pour la démocratie. Bien que les plateformes de médias 
sociaux fassent preuve de plus d’initiatives pour combattre la mésinformation 
et en limiter la diffusion depuis le début de la pandémie de COVID-19, leurs 
algorithmes continuent de faire la promotion de contenu diviseur ou contenant 
de fausses informations, lequel tend à générer plus d’interactions. Le rapport a 
notamment montré que, durant la campagne, les publications des principaux 
leaders complotistes au Québec ont généré, en moyenne, un nombre similaire 
de mentions « J’aime » et de partages que les publications des chefs de partis. 
Plusieurs chercheurs ont aussi fait part de leurs préoccupations par rapport à 
l’efficacité de la modération de contenus dans les langues autres que l’anglais. 
Une telle situation génère des questions sur le type d’information obtenant de 
la visibilité sur les médias sociaux durant une élection et peut avoir 
d’importantes implications sur la confiance envers le processus électoral. Dans 
cette optique, un plus grand niveau de transparence de la part des plateformes 
concernant leur fonctionnement, de même qu’un plus grand niveau de 
responsabilité concernant leurs effets sur la société apparait nécessaire. Cette 
responsabilité pourrait notamment passer par l’application d’une « Obligation 
d’agir de manière responsable », tel que proposé par la Commission 
canadienne sur l’expression démocratique.l Cette transparence et 
responsabilité requièrent aussi un meilleur accès aux données pour les 
chercheurs afin d’évaluer de manière indépendante l’amplification 
algorithmique sur chacune des plateformes. Un plus grand accès aux contenus 
effacés des plateformes, que ce soit parce qu’ils ont été partagés sous forme de 
stories ou parce que signalés par d’autres utilisateurs, serait aussi bénéfique 
du point de vue de la recherche sur la mésinformation et les méfaits en ligne.  
 
 
 
4 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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Développer des infrastructures de données partagées 
Étudier l’environnement d’information et la mésinformation qui y circule 
requiert une quantité astronomique de données. Les infrastructures actuelles 
sont largement inadéquates et inefficaces. La plupart des chercheurs collectent 
de nouvelles bases de données pour chaque nouveau projet et les données ne 
sont pas nécessairement collectées dans l’optique d’être réutilisables par 
d’autres chercheurs ou pour étudier d’autres questions. Ces données ne 
représentent souvent qu’une fraction des données qui seraient nécessaire pour 
mieux comprendre l’environnement d’information et les comportements en 
ligne, mais les infrastructures nécessaires pour maintenir de larges bases de 
données peuvent créer d’importantes barrières à l’entrée ou inégalités d’accès. 
Développer des infrastructures de données partagées et des approches 
permettant de mieux suivre les conversations d’une plateforme à l’autre 
contribuerait à rendre la recherche sur l’environnement d’information 
beaucoup plus efficace et accessible pour la communauté scientifique en 
général et d’ainsi améliorer notre compréhension des caractéristiques et effets 
de cet environnement d’information. Ces infrastructures permettraient 
notamment de répondre beaucoup plus rapidement lorsqu’un nouvel enjeu fait 
surface (par exemple, des soupçons sur une nouvelle forme d’ingérence 
étrangère en ligne) et favoriserait les comparaisons entre pays, lesquels 
requiert davantage de données, mais permettent de mettre en contexte les 
caractéristiques de l’environnement d’information d’un pays donné. Ces 
infrastructures de données partagées devraient donc nécessairement 
impliquer des partenariats interuniversitaires, mais aussi interétatiques.  
 
 
5 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
64 
 
 
08. Appendices 
 
Appendice A : Méthodologie de l’analyse des médias 
sociaux 
Les analyses quantitatives de données de Twitter présentées dans ce rapport s’appuient sur 
une base de données de plus de 2,3 millions de tweets en lien avec la politique québécoise 
publiés durant la période électorale. En utilisant l’API académique de Twitter, nous avons 
extrait l’ensemble des tweets incluant au moins l’une des chaînes de caractères suivantes, 
incluant tous les tweets destinés aux partis et à leurs chefs : "polqc", "polqc2022", "polqc22", 
"qcpoli", "QC2022", "quebec", "quebecoise", "assnat", "caq ", "coalition avenir", "legault", 
"QCAnglos", "PLQ", "anglade", "partiliberalduquebec", "plamondon", "partiquebecois", "parti 
quebecois", "PCQ", "duhaime", "particonservateur", "parti conservateur", "quebecsolidaire", 
"quebec solidaire", "manonmasse", "manon masse", "nadeau dubois", caquistan, 
to:francoislegault, to:coalitionavenir, to:DomAnglade, to:LiberalQuebec, to:GNadeauDubois, 
to:ManonMasse_Qs, to:QuebecSolidaire, to:E_Duhaime, to:PconservateurQc, 
to:PaulPlamondon, to:PartiQuebecois, #faceaface, #faceafacetva, #debatdeschefs, 
#librecheznous, #dehorslacaq, #librecheznous, #votezvrai, #dehorslacaq, #dehorslegault, 
#dehorsdube, #electionqc2022, #caq2022, #pq2022, #plq2022, #pcq2022, #qs2022, 
#votezcaq, #votezplq, #votezpq, #votezpcq, #votezqs.  
La cinquantaine d’utilisateurs (49) ayant le plus fréquemment tenu un discours de nature 
conspirationniste durant la campagne a été construite à partir de la liste des leaders 
conspirationnistes de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de 
l’extrémisme violent, puis à l’aide d’une méthode boule de neige. Un examen des tweets 
publiés durant la campagne a été réalisée afin de conserver uniquement les utilisateurs 
ayant activement propagé de la mésinformation en lien avec la politique québécoise durant 
la campagne. 
 
 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
65 
 
 
Appendice B : Dictionnaires utilisés pour les analyses de 
médias sociaux 
Nous avons utilisé une approche par dictionnaire afin d’identifier les tweets en lien avec la 
mésinformation, l’intégrité électorale et d’autres enjeux politiques. Les dictionnaires ont été 
appliqués à l’ensemble des 2,3 millions de tweets en lien avec la politique québécoise, tels 
que décrits dans l’Appendice B. La construction des dictionnaires s’appuie sur une volonté 
de détecter le plus grand nombre possible de tweets en lien avec ces différents enjeux, tout 
en minimisant l’identification de tweets qui portent sur d’autres sujets. Les tweets identifiés 
peuvent à la fois inclure des discours propageant la mésinformation (par exemple, un tweet 
indiquant que l’élection a été volée), des discours la combattant (par exemple, suite à une 
vérification des faits) et des discours en discutant ou ridiculisant ceux qui croient certains 
narratifs. Il est à noter que tout tweet incluant une série de caractères présents dans le 
dictionnaire est classifié comme abordant ce sujet, indépendamment de la présence ou non 
d'autres caractères dans le mot ou le tweet. Par exemple, « désinfo » détectera aussi les mots 
de même famille comme « désinformation » et « désinformer ».  
Discussions de la mésinformation 
Le premier dictionnaire vise à mesurer le volume de discussions sur la mésinformation en 
général, tel qu’illustré dans la Figure 3. Il inclut les mots clés suivants : "mésinfo", "désinfo", 
"réinfo", "propagand", "fausses nouvelles", "fausses informations", “faussetés", "mentir", 
"complot", "conspiration", "misinfo", "disinfo", "fake news", "fake media", "falsehoods", 
"conspiracy", "infox", "lying".  
Intégrité électorale 
Le deuxième dictionnaire utilisé se focalise sur la mésinformation au sujet de l’intégrité de 
l’élection québécoise et a été utilisé pour construire la Figure 12. Il inclut : "rigged", 
"#rigged", "rigging", "truqu?", "truquer", "triché", "tricher", "cheat", "fraud", "tamper", 
"altéré", "altérer", "falsif", "irregularities", "irrégularités", "malpractice", "stop the steal", 
"steal an election", "steal the election", "stealing the election", "stole the election", "stolen the 
election", "stolen election", "voler une élection", "voler l'élection", "volé l'élection", "volent 
l'élection", "élection volée","election integrity", "electoral integrity", "intégrité de l'élection", 
"intégrité électoral", "fair election", "élection juste", "fake election", "fausse élection", 
"predetermined winner", "predetermined outcome", "gagnant déterminé d'avance", "résultat 
déterminé d'avance", "election manipulation", "electoral manipulation", "manipulate the 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
66 
 
 
election", "manipulation de l'élection", "manipulation électorale", "manipuler l'élection", 
"élection manipulée", "corrupt election", "corrupt the election", "corrupted election", 
"élection corrompue", "corrompre l'élection", "corruption de l'élection", "forge ballots", "fake 
ballots", "false ballots", "forge votes", "fake votes", "change ballots", "corrupt ballots", "corrupt 
votes", "forged ballots", "faked ballots", "forged votes", "faked votes", "changed ballots", 
"corrupted ballots", "corrupted votes", "forging ballots", "faking ballots", "forging votes", 
"faking votes", "changing ballots", "corrupting ballots", "corrupting votes", "changer les 
votes", "changent les votes", "faux bulletins", "faux votes", "votes corrompus", "vote 
corrompu", "corrompre les bulletins", "corrompre les votes", "corrompre le vote", "bring a 
pen", "bring your own pen", "use a pen", "amenez un stylo", "utilisez un stylo", "crayon a 
mine", "crayon de plomb", "stylo", "lead pencil", "lost ballots", "lost mail-in", "bulletins de 
vote perdus", "discard ballots", "discarding ballots", "discard votes", "discarding votes", 
"discarded ballots", "discarded votes", "destroy ballots", "destroying ballots", "destroy votes", 
"destroying votes", "destroyed ballots", "destroyed votes", "reject ballots", "rejecting ballots", 
"reject votes", "rejecting votes", "rejected ballots", "rejected votes", "reject ballots", "rejecting 
ballots", "reject votes", "rejecting votes", "rejected ballots", "rejected votes","discard qs 
ballots", "discarding qs ballots", "discard qs votes", "discarding qs votes", "discard plq 
ballots", "discarding plq ballots", "discard plq votes", "discarding plq votes", "destroy pq 
ballots", "destroying pq ballots", "destroy pq votes", "destroying pq votes", "destroy pcq 
ballots", "destroying pcq ballots", "destroy pcq votes", "destroying pcq votes", "reject caq 
ballots", "rejectinging caq ballots", "reject caq votes", "rejecting caq votes", "rejeter les votes", 
"rejeter les bulletins", "éliminer les votes", "éliminer les bulletins", "détruire les votes", 
"détruire les bulletins","throw ballots", "throw votes", "dump ballots", "dump votes", "rip up 
ballots", "thrown ballots", "thrown votes", "dumped ballots", "dumped votes", "ripped up 
ballots", "throwing ballots", "throwing votes", "dumping ballots", "dumping votes", "ripping 
up ballots", "jeter des bulletins", "jeter les bulletins", "jeter des votes", "jeter les votes", 
"déchirer des bulletins", "déchirer les bulletins", "déchirer les votes", "jeté des bulletins", 
"jeté les bulletins", "jeté des votes", "jeté les votes", "déchiré des bulletins", "déchiré les 
bulletins", "déchiré les votes", "jettent des bulletins", "jettent les bulletins", "jettent des 
votes", "jettent les votes", "déchirent des bulletins", "déchirent les bulletins", "déchirent les 
votes", "stop the count", "arrétez le décompte", "count that vote", "comptez ce vote", "missing 
votes", "missing ballots", "votes perdus", "vote perdus", "voter suppression", "vote 
suppression", "suppress votes", "supprimer des votes", "suppression d'?lecteurs", "vote 
twice", "voter deux fois", "duplicate ballots", "double vote", "dead voters", "dead people 
voting", "morts votent", "vote des morts","fraudulent ballots", "votes frauduleux", "voting 
machines", "voting software", "electronic voting", "computer voting", "vote machines", "voter 
machines", "vote software", "electronic vote", "computer vote", "vote-counting machine", 
"ballot-counting machine", "dominion machines", "dominion counting", "dominion ballot", 
"dominion voting", "machines à voter", "vote par machine", "logiciel de vote", "vote 
électronique", "voter électroniquement", "vote par ordinateur", "machines pour compter", 
"machines dominion", "vote dominion", "quebec insurrection", "insurrection in quebec", 
"insurrection quebecoise", "insurrection au quebec". 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
67 
 
 
Enjeux politiques 
Finalement, plusieurs dictionnaires ont été utilisés afin d’estimer le volume de discussions 
sur différents enjeux politiques, à savoir la COVID-19, l’immigration, l’environnement, le 
processus électoral, la langue et le coût de la vie. Les résultats sont présentés dans la Figure 
8. 
COVID-19 : “covid", "pandémie", "pandémique", "pandemic", "plandemic", "plandémie", 
"plandémique", "corona", "sars-cov-2", "sras-cov-2", "2019-ncov", "vaccin", "mesures 
sanitaires", "restrictions sanitaires", "sanitary measures", "sanitary restrictions", "couvre-
feu", "curfew", "mckinsey", "port du masque", "mask wearing". 
Immigration : "immigra", "immigré", "chemin roxham", "roxham road", "nouveaux 
arrivants", "newcomer", "réfugié", "refugee". 
Environnement : "climat", "environment", "environnement", "carbon", "effet de serre", 
"greenhouse gas", "accord de paris", "paris climate accord", "transition énergétique", "energy 
transition", "véhicules électriques", "electric vehicules", "electric cars", "cap sur les 
émissions", "plafonnement des émissions", "cap on emissions", "énergies fossiles", "fossil 
fuels", "net-zero", "net zero", "zero-emission", " zev ", " co2 ", "énergie nucléaire", "nuclear 
energy", "pipeline", "oléoduc", "pollution", "paris targets", "cibles de paris", "cop26", "cop27", 
"énergies propres", "énergie propre", "clean energy", "clean energies", "énergie verte", 
"énergies vertes", "green energy", "green energies", "technologie verte", "technologies 
vertes", "green technology", "green technologies", "technologie propre", "technologies 
propres", "clean technology", "clean technologies", "énergie renouvelable", "énergies 
renouvelables", "renewable energy", "renewable energies","déchets plastique", "zéro déchet", 
"plastiques à usage unique", "plastic waste", "zero waste", "single-use plastic", 
"electrification", "électrification", " gnl ", "développement durable", "sustainable 
development", "finance durable", "sustainable finance", "greenwashing", "écoanxi", 
"ecoanxi", "élection de la dernière chance", "hydrogène vert", "green hydrogen". 
Il est à noter que les tweets faisant référence aux climat social (e.g., "climat social", "climat 
toxique", "climat de violence" n’ont pas été codés comme discutant d’environnement, bien 
qu’ils incluent le mot “ climat ». 
Processus électoral :" vote par anticipation", "voter par anticipation", "vote par 
correspondance", "voter par correspondance", "vote par la poste", "voter par la poste", "vote 
postal", "advance vote", "advance poll", "advance voting", "vote by mail", "mail-in ballots", 
'postal vote', "postal voting", "liste électorale", "electoral list", "list of electors", "inscrit pour 
voter", "registered to vote", "élections québec", "elections quebec", "stylo", "crayon à mine", 
"crayon de plomb", " pen ", "lead pencil", "bulletin de vote", "bulletins de vote", "boîtes de 
scrutin", "ballot", "bureau de vote", "bureaux de vote", "polling station", "journée de 
l'élection", "jour de l'élection", "election day", "décompte des votes", "décompte des voix", 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
68 
 
 
"compter les votes", "compter tous les votes", "machines dominion", "dominion machines", 
"vote rejeté", "votes rejetés", "jeter les votes", "déjà voté", "already voted", "rejeter les votes", 
"rejeter les bulletins", "éliminer les votes", "éliminer les bulletins", "détruire les votes", 
"détruire les bulletins", "reject votes", "reject ballots", "destroy votes", "destroy ballots", 
"pancartes électorales", "election signs", "publicité électorale", "election ad", "vole un 
dépliant", "voler un dépliant", "voleuse de dépliant", "removing leaflet", "switching out 
leaflets", "removing flyer", "switching out flyers", "dépense électorale", "dépenses 
électorales", "electoral expense", "election spending", "contribution électorale", "electoral 
contribution", "don électoral", "political donation", "fraude électorale", "frauder l'élection", 
"fraudé l'élection", "election fraud", "élection truquée", "rigged election", "fausse élection", 
"fake election", "élection légitime", "vote légitime", "legitimate election", "élection juste", "fair 
election", "résultat de l'élection", "résultat des élections", "résultats de l'élection", "résultats 
des élections", "election result", "irrégularités électorales", "electoral malpractice", "voler 
l'élection", "élection volée", "stollen election", "predetermined winner", "predetermined 
outcome", "gagnant déterminé d'avance", "résultat déterminé d'avance", "fake ballots", "faux 
votes", "changer les votes", "effacer les votes", "effacer ton vote", "change ballots", "erase your 
vote", "voter deux fois", "vote twice", "voter plusieurs fois", "vote multiple times", "vote des 
morts", "morts peuvent voter", "dead people can vote", "duplicate ballots", "double vote", 
"dead voters", "dead people voting", "fraudulent ballots", "votes frauduleux", "vote 
frauduleux", "contestation électorale", "contester l'élection", "contester le résultat", "contest 
the election", "recomptage", "recount", "administration électorale", "administration de 
l'élection", "election administration", "intégrité de l'élection", "intégrité électorale", "election 
integrity". 
Langue : "déclin du français", "déclin de la langue", "protection de la langue", "droits 
linguistiques", "decline of french", "protection of the french language", "linguistic rights", 
"apprendre le français", "francisation", "anglicis", "learn french", "loi 101", "bill 101", "loi 96", 
"bill 96", "utilisation du français", "use of french", "utilisation de l'anglais", "use of english", 
"répondre en français", "servir en français", "répondre en anglais", "servir en anglais", 
"answered in french", "answered in english", "served in english", "served in french", "étudier 
en français", "étudier en anglais", "minorité linguistique", "minorités linguistiques", 
"linguistic minority", "linguistic minorities". 
Coût de la vie : “inflation", "coût de la vie", "cost of living", "affordabilité", "abordable", 
"affordability", "affordable", "joindre les deux bouts", "make ends meet","pouvoir d\'achat", 
"purchasing power", "hausse des prix", "price increase", "prix augmente", "capables de 
payer", "capable de payer", "able to pay", "plus cher", "more expensive","accès à la propriété", 
"accès au logement", "access to property", "access to housing", "premiers acheteurs", "first 
time home buyer", "first-time home buyer", "prix de l\'essence", "prix du gaz", "prix du panier 
d\'épicerie", "facture d\'épicerie", "prix de la nourriture", "prix de l'épicerie", "gasoline price", 
"food price", "cost of food", "grocery bill", "prix a augmenté", "prix ont augmenté", "price has 
increased", "prices have increased". 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
69 
 
 
Appendice C : Méthodologie du sondage 
Le sondage du Projet sur la désinformation électorale au Québec comportait deux vagues. La 
première vague a été administrée chaque jour de la campagne, du 29 août au 2 octobre, à un 
échantillon de 100 Québécois et Québécoises (plus de 3500 répondants au total) se voulant 
représentatif en termes d’âge, de genre et de région. Le deuxième sondage a été administré 
après l’élection, du 14 au 16 octobre, à un échantillon de 1547 répondants parmi ceux ayant 
répondu au premier sondage. Les réponses incomplètes ont été exclues de l’analyse. Le 
sondage a été créé sur Qualtrics et l’échantillon a été fourni par la firme Léger. Les 
répondants avaient le choix de répondre au sondage en français ou en anglais. Ils devaient 
être citoyens canadiens et être âgés d’au moins 18 ans afin de répondre au sondage.  
Le tableau suivant compare les caractéristiques des échantillons des deux vagues avec ceux 
de la population générale : 
 
Nous avons créé deux variables de pondération, l’une pour la vague préélectorale et l’autre 
pour la vague postélectorale. La pondération s’appuie sur les données sur le sexe (homme, 
femme), l’âge (18-25, 25-34, 35-44, 45-54, 55-64, 65+) et la population des régions 
administratives, telles que fournies par le recensement de 2021.  


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
70 
 
 
09. Bibliographie 
 
98.5 FM. « La CAQ promet deux « mini-hôpitaux » privés ». Puisqu’il faut se lever. 98.5 FM, 6 septembre 
2022. https://www.985fm.ca/audio/505951/la-caq-promet-deux-mini-hopitaux-prives-dont-un-dans-l-
est-de-montreal. 
Agence QMI. « Après le « Convoi de la liberté », le convoi « Dehors la CAQ » débarque à L’Assomption ». Le 
Journal de Montréal, 20 septembre 2022. https://www.journaldemontreal.com/2022/09/20/apres-le-
convoi-de-la-liberte-le-convoi-dehors-la-caq-debarque-au-quebec. 
Allcott, Hunt, et Matthew Gentzkow. « Social Media and Fake News in the 2016 Election ». Journal of 
Economic Perspectives 31, no 2 (mai 2017): 211-36. https://doi.org/10.1257/jep.31.2.211. 
Arceneaux, Kevin, et Rory Truex. « Donald Trump and the Lie ». Perspectives on Politics, 29 mars 2022, 1-17. 
https://doi.org/10.1017/S1537592722000901.  
Barrera, Oscar, Sergei Guriev, Emeric Henry, et Ekaterina Zhuravskaya. « Facts, Alternative Facts, and Fact 
Checking in Times of Post-Truth Politics ». Journal of Public Economics 182 (1er février 2020): 104123. 
https://doi.org/10.1016/j.jpubeco.2019.104123. 
Bendali, Nahila. « La Vérif : les propos de Jean Boulet sur l’immigration sont-ils exacts? » Radio-Canada, 28 
septembre 2022. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1920110/immigration-montreal-jean-boulet-
emploi-francais. 
Benkler, Yochai, Robert Faris, et Hal Roberts. Network Propaganda: Manipulation, Disinformation, and 
Radicalization in American Politics. Oxford University Press, 2018. 
Benkler, Yochai, Casey Tilton, Bruce Etling, Hal Roberts, Justin Clark, Robert Faris, Jonas Kaiser, et Carolyn 
Schmitt. « Mail-In Voter Fraud: Anatomy of a Disinformation Campaign ». SSRN Scholarly Paper. Rochester, 
NY: Social Science Research Network, 2 octobre 2020. https://doi.org/10.2139/ssrn.3703701. 
Berlinski, Nicolas, Margaret Doyle, Andrew M. Guess, Gabrielle Levy, Benjamin Lyons, Jacob M. 
Montgomery, Brendan Nyhan, et Jason Reifler. « The Effects of Unsubstantiated Claims of Voter Fraud on 
Confidence in Elections ». Journal of Experimental Political Science, 28 juin 2021, 1-16. 
https://doi.org/10.1017/XPS.2021.18. 
Boulianne, Shelley, Chris Tenove, et Jordan Buffie. « Complicating the Resilience Model: A Four-Country 
Study About Misinformation ». Media and Communication 10, no 3 (31 août 2022): 169-82. 
https://doi.org/10.17645/mac.v10i3.5346. 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
71 
 
 
Bridgman, Aengus, Mathieu Lavigne, Melissa Baker, Anthony Burton, Christopher Ross, Danielle Bohonos, 
Jaclyn Victor, et al. « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election ». Canadian 
Election Misinformation Project, 2022. https://doi.org/10.31219/osf.io/ubfmx. 
Bridgman, Aengus, Eric Merkley, Peter John Loewen, Taylor Owen, Derek Ruths, Lisa Teichmann, et Oleg 
Zhilin. « The causes and consequences of covid-19 misperceptions: Understanding the role of news and 
social media ». The Harvard Kennedy School Misinformation Review, 2020. https://doi.org/10.37016/mr-
2020-028. 
Bridgman, Aengus, Eric Merkley, Oleg Zhilin, Peter John Loewen, Taylor Owen, et Derek Ruths. « Infodemic 
Pathways: Evaluating the Role That Traditional and Social Media Play in Cross-National Information 
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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
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Enders, Adam M., Joseph E. Uscinski, Michelle I. Seelig, Casey A. Klofstad, Stefan Wuchty, John R. Funchion, 
Manohar N. Murthi, Kamal Premaratne, et Justin Stoler. « The Relationship Between Social Media Use and 
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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
75 
 
 
ENDNOTES 
 
 
i Mendelsohn, Matthew. « Measuring National Identity and Patterns of Attachment: Quebec and Nationalist 
Mobilization ». Nationalism and Ethnic Politics 8, no. 3 (1er septembre 2002): 72–94. 
https://doi.org/10.1080/13537110208428670. 
ii Chau Tong et al., « “Fake News Is Anything They Say!” — Conceptualization and Weaponization of Fake News 
among the American Public », Mass Communication and Society 23, no 5 (2 septembre 2020): 755-78, 
https://doi.org/10.1080/15205436.2020.1789661; Sander van der Linden, Costas Panagopoulos, et Jon 
Roozenbeek, « You Are Fake News: Political Bias in Perceptions of Fake News », Media, Culture & Society 42, no 
3 (1 avril 2020): 460-70, https://doi.org/10.1177/0163443720906992; Johan Farkas et Jannick Schou, « Fake 
News as a Floating Signifier: Hegemony, Antagonism and the Politics of Falsehood », Javnost - The Public 25, no 
3 (3 juillet 2018): 298-314, https://doi.org/10.1080/13183222.2018.1463047. 
iii Emily K. Vraga et Leticia Bode, « Defining Misinformation and Understanding its Bounded Nature: Using 
Expertise and Evidence for Describing Misinformation », Political Communication 37, no 1 (2 janvier 2020): 
136-44, https://doi.org/10.1080/10584609.2020.1716500. 
iv Hunt Allcott et Matthew Gentzkow, « Social Media and Fake News in the 2016 Election », Journal of Economic 
Perspectives 31, no 2 (mai 2017): 211-36, https://doi.org/10.1257/jep.31.2.211; Oscar Barrera et al., « Facts, 
Alternative Facts, and Fact Checking in Times of Post-Truth Politics », Journal of Public Economics 182 (1 
février 2020): 104123, https://doi.org/10.1016/j.jpubeco.2019.104123; Fabian Zimmermann et Matthias 
Kohring, « Mistrust, Disinforming News, and Vote Choice: A Panel Survey on the Origins and Consequences of 
Believing Disinformation in the 2017 German Parliamentary Election », Political Communication 37, no 2 (3 
mars 2020): 215-37, https://doi.org/10.1080/10584609.2019.1686095; Yochai Benkler, Robert Faris, et Hal 
Roberts, Network Propaganda: Manipulation, Disinformation, and Radicalization in American Politics (Oxford 
University Press, 2018). 
v Canadian Security Intelligence Service, « Foreign Interference: Threats to Canada’s Democratic Process » 
(Ottawa, Canada: Canadian Security Intelligence Service, 2021), https://www.canada.ca/content/dam/csis-
scrs/documents/publications/2021/foreign-interference-threats-to-canada%27s-democratic-process.pdf; 
European Commission, Communication from the Commission—Securing Free and Fair European Elections 
(European Commission Brussels, 2018). 
vi Lisa Young, « Securitizing Election Laws and Administration? Canada’s Response to the Cyber-Security 
Threats to Elections », dans Cyber-Threats to Canadian Democracy, éd. par Holly Ann Garnett et Michael Pal, 
2022, 31-54. 
vii Canadian Security Intelligence Service, « Foreign Interference: Threats to Canada’s Democratic Process »; 
Chris Tenove, « Protecting Democracy from Disinformation: Normative Threats and Policy Responses », The 
International Journal of Press/Politics, 25 mai 2020, 
http://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1940161220918740. 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
76 
 
 
 
viii Zimmermann et Kohring, « Mistrust, Disinforming News, and Vote Choice »; Michele Cantarella, Nicolò 
Fraccaroli, et Roberto Volpe, « Does fake news affect voting behaviour? », Research Policy 52, no 1 (2023): 
104628. https://doi.org/10.1016/j.respol.2022.104628 
ix Tenove, « Protecting Democracy from Disinformation »; Renee DiResta et al., « The Tactics & Tropes of the 
Internet Research Agency », U.S. Senate Documents, 1er octobre 2019, 
https://digitalcommons.unl.edu/senatedocs/2. 
x Betsy Sinclair, Steven S. Smith, et Patrick D. Tucker, « “It’s Largely a Rigged System”: Voter Confidence and 
the Winner Effect in 2016 », Political Research Quarterly 71, no 4 (1er décembre 2018): 854-68, 
https://doi.org/10.1177/1065912918768006. 
xi Eggers, Andrew C., Haritz Garro, et Justin Grimmer. « No evidence for systematic voter fraud: A guide to 
statistical claims about the 2020 election ». Proceedings of the National Academy of Sciences 118, no 45 (9 
novembre 2021): e2103619118. https://doi.org/10.1073/pnas.2103619118. 
xii Yochai Benkler et al., « Mail-In Voter Fraud: Anatomy of a Disinformation Campaign », SSRN Scholarly Paper 
(Rochester, NY: Social Science Research Network, 2 octobre 2020), https://doi.org/10.2139/ssrn.3703701; 
Gordon Pennycook et David G. Rand, « Research Note: Examining False Beliefs about Voter Fraud in the Wake 
of the 2020 Presidential Election », Harvard Kennedy School Misinformation Review, 11 janvier 2021, 
https://doi.org/10.37016/mr-2020-51; Nicolas Berlinski et al., « The Effects of Unsubstantiated Claims of Voter 
Fraud on Confidence in Elections », Journal of Experimental Political Science, 28 juin 2021, 1-16, 
https://doi.org/10.1017/XPS.2021.18; Kevin Arceneaux et Rory Truex, « Donald Trump and the Lie », 
Perspectives on Politics, 29 mars 2022, 1-17, https://doi.org/10.1017/S1537592722000901; Katherine Clayton 
et al., « Elite rhetoric can undermine democratic norms », Proceedings of the National Academy of Sciences 
118, no 23 (8 juin 2021): e2024125118, https://doi.org/10.1073/pnas.2024125118. 
xiii Pennycook et Rand, « Research Note »; Arceneaux et Truex, « Donald Trump and the Lie ». 
xiv Aengus Bridgman et al., « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election » (Canadian 
Election Misinformation Project, 2022), https://doi.org/10.31219/osf.io/ubfmx. 
xv Andrew Guess, Brendan Nyhan, et Jason Reifler, « Selective exposure to misinformation: Evidence from the 
consumption of fake news during the 2016 US presidential campaign », European Research Council 9, no 3 
(2018): 4; Nir Grinberg et al., « Fake News on Twitter during the 2016 U.S. Presidential Election », Science 363, 
no 6425 (25 janvier 2019): 374-78, https://doi.org/10.1126/science.aau2706; Bridgman et al., « Mis- and 
disinformation during the 2021 Canadian federal election ». 
xvi Grinberg et al., « Fake News on Twitter during the 2016 U.S. Presidential Election ». 
xvii Benkler, Faris, et Roberts, Network Propaganda; Matthew Motta, Dominik Stecula, et Christina Farhart, 
« How Right-Leaning Media Coverage of COVID-19 Facilitated the Spread of Misinformation in the Early Stages 
of the Pandemic in the U.S. », Canadian Journal of Political Science/Revue canadienne de science politique 53, 
no 2 (juin 2020): 335-42, https://doi.org/10.1017/S0008423920000396. 
xviii Edda Humprecht, Frank Esser, et Peter Van Aelst, « Resilience to Online Disinformation: A Framework for 
Cross-National Comparative Research », The International Journal of Press/Politics 25, no 3 (1er juillet 2020): 
493-516, https://doi.org/10.1177/1940161219900126. 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
77 
 
 
 
xix Colette Brin et al., « Évaluation du risque de désinformation : Le marché de l’information en ligne au 
Canada » (Global Disinformation Index, 2021), https://disinformationindex.org/wp-
content/uploads/2021/10/GDI-_Canada_Disinformation_Risk_Report_21_FRENCH.pdf. 
xx Shelley Boulianne, Chris Tenove, et Jordan Buffie, « Complicating the Resilience Model: A Four-Country 
Study About Misinformation », Media and Communication 10, no 3 (31 août 2022): 169-82, 
https://doi.org/10.17645/mac.v10i3.5346; Aengus Bridgman et al., « The causes and consequences of covid-19 
misperceptions: Understanding the role of news and social media », The Harvard Kennedy School 
Misinformation Review, 2020, https://doi.org/10.37016/mr-2020-028. 
xxi Aengus Bridgman et al., « Infodemic Pathways: Evaluating the Role That Traditional and Social Media Play in 
Cross-National Information Transfer », Frontiers in Political Science 3 (2021), 
https://doi.org/10.3389/fpos.2021.648646; Mathieu Lavigne et Aengus Bridgman, « Une barrière linguistique? 
How language influences the spread of U.S.-based COVID-19 misinformation », Forthcoming. 
xxii Taylor Owen et al., « Lessons in Resilience: Canada’s Digital Media Ecosystem and the 2019 Election » 
(Public Policy Forum, 2020), https://ppforum.ca/wp-content/uploads/2020/05/DDP-LessonsInResilience-
MAY2020-EN.pdf; Bridgman et al., « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election ». 
xxiii Mathieu Lavigne et Aengus Bridgman, « The Contagion of Electoral Disinformation Campaigns: American 
Style Vote Conspiracies in the 2021 Canadian Federal Election », Forthcoming. 
xxiv Jeff Yates, « L’écosystème des fakes news: L’état des lieux au Québec », dans Les fausses nouvelles: 
Nouveaux visages, nouveaux défis, éd. par Florian Sauvageau, Simon Thibault, et Pierre Trudel (Québec: 
Presses de l’Université Laval, 2018). 
xxv Lavigne et Bridgman, « Une barrière linguistique? How language influences the spread of U.S.-based COVID-
19 misinformation ». 
xxvi Marie-Ève Carignan et al., « Le mouvement conspirationniste au Québec: Leaders, discours et adhésion » 
(Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, mai 2022), 
https://chaireunesco-prev.ca/wp-content/uploads/2022/06/UNESCO-PREV_RapportRecherche_MEI_final.pdf; 
Bridgman et al., « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election »; voir aussi Simon 
Langlois et Florian Sauvageau, « La confiance envers les médias et la désinformation en contexte de 
pandémie » (Centre d’études sur les médias, 2021), https://www.cem.ulaval.ca/wp-
content/uploads/2021/04/cem-confmediaqueb-2021.pdf. 
xxvii Carignan et al., « Le mouvement conspirationniste au Québec: Leaders, discours et adhésion »; Langlois et 
Sauvageau, « La confiance envers les médias et la désinformation en contexte de pandémie ». 
xxviii Notre questionnaire incluait aussi Reddit, LinkedIn et une catégorie « Autres ». Moins de 4 % des Québécois 
ont indiqué utiliser ces plateformes pour s’informer politiquement. 
xxix Bridgman et al., « The causes and consequences of covid-19 misperceptions: Understanding the role of 
news and social media »; Adam M. Enders et al., « The Relationship Between Social Media Use and Beliefs in 
Conspiracy Theories and Misinformation », Political Behavior, 7 juillet 2021, https://doi.org/10.1007/s11109-
021-09734-6. 


---

 
 
 
 
 
 
 
 
ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
78 
 
 
 
xxx Il est à noter que les députés caquistes Sylvain Lévesque et Éric Lefebvre ont aussi vécu de l’intimidation 
durant la campagne. Sylvain Lefebvre a vu l’une de ses pancartes électorales couvertes de sang, tandis qu’un 
convoi s’est présenté devant la maison d’Éric Lefebvre pour l’intimider. 
xxxi Cette liste d’utilisateurs a été inspirée par la liste de comptes complotistes proposée par la Chaire UNESCO-
PREV dans leur rapport Le mouvement conspirationniste au Québec et a été étendue à l’aide d’une méthode 
boule de neige, en vérifiant leur niveau d’activité durant la campagne électorale et la taille de leur auditoire. 
98.5 FM. « La CAQ promet deux « mini-hôpitaux » privés ». Puisqu’il faut se lever. 98.5 FM, 6 septembre 2022. 
https://www.985fm.ca/audio/505951/la-caq-promet-deux-mini-hopitaux-prives-dont-un-dans-l-est-de-
montreal. 
xxxiii Pour plus d’information, voir: Agence QMI, « Après Le « Convoi de La Liberté », Le Convoi « Dehors La CAQ » 
Débarque à L’Assomption », Le Journal de Montréal, 20 septembre 2022, 
https://www.journaldemontreal.com/2022/09/20/apres-le-convoi-de-la-liberte-le-convoi-dehors-la-caq-
debarque-au-quebec 
xxxiv Nahila Bendali, « La Vérif : les propos de Jean Boulet sur l’immigration sont-ils exacts? », Radio-Canada, 28 
septembre 2022, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1920110/immigration-montreal-jean-boulet-emploi-
francais 
xxxv Henri Ouellette-Vézina et Tommy Chouinard, « Propos sur les immigrants: Boulet s’est « disqualifié », 
affirme Legault », La Presse, 28 septembre 2022, sect. Élections québécoises, 
https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2022-09-28/propos-sur-les-immigrants/boulet-s-est-
disqualifie-affirme-legault.php. 
xxxvi Tommy Chouinard, « Recul du français: Dominique Anglade contredite par un candidat-vedette », La 
Presse, 28 août 2022, https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2022-08-28/recul-du-
francais/dominique-anglade-contredite-par-un-candidat-vedette.php 
xxxvii Gabriel Côté, « Taxes impayées: « Je suis imputable », dit Duhaime », Le Journal de Québec, 10 septembre 
2022, https://www.journaldequebec.com/2022/09/10/quebec-2022-eric-duhaime-promet-un-sommet-sur-la-
sante-mentale 
xxxviii La Presse Canadienne, « Québec solidaire promet d’acheter 10 000 maisons pour les rendre plus 
abordables », Les Affaires, 5 septembre 2022, https://www.lesaffaires.com/secteurs/general/quebec-solidaire-
promet-dacheter-10000-maisons-pour-les-rendre-plus-abordables/635646 
xxxix Olivier Du Ruisseau, « François Legault est sanctionné par la Russie », Le Devoir, 22 septembre 2022, 
https://www.ledevoir.com/politique/758153/francois-legault-est-sanctionne-par-la-russie 
Il est à noter qu’en raison d’une erreur avec le logiciel Qualtrics, les données pour cette nouvelle sont 
seulement disponibles pour la période postélectorale. 
xl Thomas Gerbet, « Dans l’ombre, la firme McKinsey était au cœur de la gestion de la pandémie au Québec », 
Radio-Canada, 30 septembre 2022, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1920666/mckinsey-quebec-covid-
legault-gestion-pandemie. 


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ANALYSE DU RÔLE DE LA MÉSINFORMATION  
79 
 
 
 
xli Aleksi Knuutila, Lisa-Maria Neudert, et Philip N. Howard, « Who Is Afraid of Fake News? Modeling Risk 
Perceptions of Misinformation in 142 Countries », Harvard Kennedy School Misinformation Review, 12 avril 
2022, https://doi.org/10.37016/mr-2020-97.  
James McCarten, « Online Disinformation, Climate Change among Top Canadian Fears: Survey », Global News, 
31 août 2022, https://globalnews.ca/news/9097136/online-disinformation-climate-change-canadian-fears/. 
xlii Kevin Arceneaux et Rory Truex, « Donald Trump and the Lie »; Mohd Razman Achmadi Muhammad et Noor 
Nirwandy, « A Study on Donald Trump Twitter Remark: A Case Study on the Attack of Capitol Hill », Journal of 
Media and Information Warfare 14, no 2 (2021): 75-104. 
xliii Bridgman et al., « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election ». 
Bridgman et al., « Mis- and disinformation during the 2021 Canadian federal election ». 
xlv Farkas et Schou, « Fake News as a Floating Signifier »; Tong et al., « “Fake News Is Anything They Say!” — 
Conceptualization and Weaponization of Fake News among the American Public »; van der Linden, 
Panagopoulos, et Roozenbeek, « You Are Fake News ». 
xlvi https://www.youtube.com/watch?v=Cg5fGWmc3cU&ab_channel=Radio-CanadaInfo 
xlvii Philippe J., « Victoire pour les projections », L’Actualité, 4 octobre 2022, 
https://lactualite.com/politique/victoire-pour-les-projections/. 
xlviii Voir notamment: Jean-François Daoust, Claire Durand, et André Blais, « Are Pre-Election Polls More Helpful 
than Harmful? Evidence from the Canadian Case », Canadian Public Policy 46, no 1 (mars 2020): 175-86, 
https://doi.org/10.3138/cpp.2019-011. 
Mark Pickup, « Election Campaign Polls and Democracy in Canada: Examining the Evidence behind the 
Common Claims », dans Voting Behaviour in Canada, éd. par Cameron D. Anderson et Laura B. Stephenson 
(UBC Press, 2011), 242-78. 
xlix Voir notamment Yates, « L’écosystème des fakes news: L’état des lieux au Québec »; Bridgman et al., 
« Infodemic Pathways ». 
l Public Policy Forum, « Canadian Commission on Democratic Expression: How to Make Online Platforms More 
Transparent and Accountable to Canadian Users », mai 2022, https://ppforum.ca/wp-
content/uploads/2022/05/DemX-2-English-May-4-1.pdf. 


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